Jeudi 26 juin 2008


Dans un document révélé par La Tribune et Les Echos et dont l'AFP a obtenu une copie,  M. van Roekeghem (*), Directeur de la Sécu, propose de limiter la prise en charge des maladies chroniques à 100% aux pathologies "qui sont véritablement longues et coûteuses" et une réduction à 35% du remboursement par l'assurance maladie de certains médicaments, le reste étant "transféré aux organismes complémentaires" (mutuelles ou assurances privées). Jusqu’où irons-nous ?

Cela m’a rappelé le temps où je travaillais pour le journal de la Ligue contre le Cancer et où je rencontrais des médecins, des chercheurs et des malades.
Le cancer devrait faire logiquement partie des maladies "véritablement longues et coûteuses", mais comment sera fait le tri ? Et pour ceux qui passeront à la trappe ?

J’ai recherché un témoignage qui date de 2000.



« ITW Assistante sociale »
 Extrait du journal de la Ligue contre le Cancer - 2000



Quand toutes les autres ressources sont épuisées

Le cancer est une maladie grave et longue qui fragilise l’équilibre psychologique, social, familial et financier du malade et de son entourage. La Ligue contre le cancer a parmi ses «outils d’aide au malade», une commission d’aide sociale qui redistribue une partie des dons aux malades dans la nécessité.

La Ligue : En tant qu’assistante sociale au Service d’Actions de Prévention du Conseil Général du Bas-Rhin, comment intervenez-vous dans l’aide sociale attribuée par La Ligue contre le cancer ?
Michèle Bouzy : Le Conseil Général m’a mis à disposition de La Ligue pour réceptionner les demandes de secours que les assistantes sociales polyvalentes de secteur ou hospitalières souhaitent adresser à l’aide sociale de La Ligue. Je vérifie que le dossier comporte bien toutes les pièces requises pour être présenté, notamment le certificat médical attestant qu’il y a cancer. Je soumets ces demandes en commission de secours de La Ligue. Je ne suis pas un filtre, toutes les demandes qui s’expriment sont présentées. Nous avons 10 réunions de commission par an. Au cours de chacune de ces réunions, nous étudions environ 17 à 20 dossiers en moyenne.

L.L : Y-a-t’il une évolution dans les demandes de secours ?

M.B : Oui, elle est en augmentation. En effet ces dernières années, nous avons constaté une paupérisation de certaines populations pour qui la maladie est un facteur aggravant.  Il y a forcément un manque à gagner dû à la maladie d’un des parents qui ne peut, de fait, plus travailler ou plus s’occuper des enfants. C’est le cas également lorsque que c’est un enfant qui est atteint du cancer ; sa maladie nécessite l’arrêt du travail d’un des deux parents pour s’occuper de lui. Il est ainsi facile de comprendre que plus le revenu était faible avant la maladie plus les prestations sociales le sont et plus grande est la fragilité du ménage. Il faut aussi penser aux nombreuses personnes atteintes de cancer qui vivent dans un réel isolement : sans famille, sans proches. Nous ne sommes pas égaux face à la maladie.

L.L : Comment se traduit cette aide ?

M.B : La demande de secours est faite par l’assistante sociale, soit l’assistante sociale de l’hôpital soit l’assistante sociale de secteur lorsque le malade est de retour chez lui. L’assistante sociale a un rôle très important dans l’accompagnement du malade dans son environnement. C’est une prise en charge globale de la personne, dans toute son individualité et dans toute son intégralité. A partir de ce travail global, un projet se dessine dont un des éléments de réponse est un secours financier de La Ligue. Les secours attribués par de La Ligue sont ponctuels, ils permettent de régler des frais dans l’attente des prestations sociales (le loyer par exemple), de faciliter le retour à domicile en finançant par exemple une «aide aux mères» qui s’occupera des enfants, du matériel médical ... Cette aide n’a pas pour but d’être une aide d’urgence mais c’est quelque fois le cas, il est déjà arrivé de l’attribuer pour de l’achat de nourriture en attendant le versement de prestations sociales. Les demandes de secours sont adressées à La Ligue en fin de parcours quand toutes les autres ressources sont épuisées. Les secours de La Ligue ne peuvent pas être envisagés comme une compensation au manque de revenu. Ils ont un caractère exceptionnel visant à améliorer le bien-être du malade.


Motifs d’attribution de l’aide en 1999

Aide familiale ou ménagère : 15
Endettement dû à la maladie : 19
Frais courants (électricité, téléphone) : 13
Frais de chauffage : 11
Frais de déménagement ou d’installation en raison de la maladie : 8
Frais d’obsèques : 50
Impôts : 8
Insuffisance de ressources : 17
Loyer : 15
Prothèses : 3
Forfait journalier : 2
Divers : 2
Total : 162

En 1999, le Comité du Bas-Rhin de LA LIGUE a redistribué 502 980 francs pour aider les malades du département, en 2000 cette aide atteindra environ 600 000 francs.
(Je n'ai pas les chiffres d'aujourd'hui)


Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade !!





(*) désolée, il ne me prend pas le lien complet : http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--une/
Le-directeur-de-l-assurance-maladie-propose-un-effort-supplementaire.html)


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Jeudi 12 juin 2008

Comme chaque année le Bac de philo propose ses sujets, en lien ou non avec l’actualité, voici quelques exemples de sujets 2008 éminemment politiques :
  
- Toute prise de conscience est-elle libératrice?
- Que gagnons-nous à travailler?
- Peut-on se passer de l'Etat?

Pas de Vérité cette année, bien que l’on trouve beaucoup de questions en lien avec la réalité.
Mais la réalité est-elle la vérité ?

Sur cette toile de fond virtuelle qu’est la blogosphère, que représente la réalité, ou la vérité ?
Les auteurs de blog sont-ils de véritables personnes en chair et en os ? Certains se démultiplient sous divers pseudonymes, d’autres s’inventent une vie ou encore s’en réinvente une
Mais y a t’il un intérêt à savoir si «c’est vrai» ?

Quand franchit-on la frontière entre réalité et fiction. Tout récit n’est-il pas fiction dès lors qu’il fait part d’un point de vue, d’un regard forcément subjectif sur une situation. Pour preuve, différents individus, témoins d’une même scène ne la raconteront pas de façon identique, est-ce pour autant qu’ils travestissent la vérité ?

La vérité suppose t’elle un contrat moral ?
Quand peut-on avoir le sentiment de trahir ses lecteurs ?
Quand on les emmène trop loin dans la fiction ? Quand on n’est pas celui ou celle que l’on laisse croire ? Ou quand on raconte sa vérité ?

Et si l’on s’engage à dire toute la vérité, rien que la vérité, ne doit-on pas se poser cette question : toute vérité est-elle bonne à dire ?


Pour éviter toute confusion et tout engagement de ma part, je reprendrais simplement la maxime d’un célèbre agent du FBI reconverti depuis peu dans la Californication : «la vérité est ailleurs».

…pas sûr que le correcteur du Bac apprécie ce genre de référence hautement philosophique !


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Jeudi 5 juin 2008




En entendant parler de l’incident nucléaire en Slovénie, je me suis dit «ça va encore me faire du boulot tout ça !». En tant que consultante en communication pour EDF Nucléaire depuis plusieurs années, je suis de près la problématique du «que doit-on dire ?». Et la réaction à ce sujet, que j’ai notamment trouvé sur le web, montre une fois de plus que ce n’est pas simple.

Face à un incident : comment doit-on dire d’ailleurs : incident, accident, problème, il est même question d’événement ( !)

Que faire ? et bien en parler bien sûr, mais comment ?
Première difficulté, il faut expliquer de quoi il s’agit et ce n’est pas facile. D’une part on a des ingénieurs très pointus qui ne savent pas parler comme tout le monde, et d’autre part il y a nous, une foule de néophytes traumatisés par Tchernobyl, alors comment on explique simplement une fuite dans le circuit primaire, un arrêt de tranche et la différence entre contamination et irradiation…
Seconde difficulté : comment être crédible.
Il est légitime que la population doute, eh oui toujours Tchernobyl. Donc quoi que l’on dise, on cache quelque chose. Soit c’est plus grave que l’on veut bien le laisser sous-entendre soit, et voici la nouvelle théorie, on communique trop pour noyer le poisson !

C’est génial, un vrai casse-tête !






Je tiens à préciser
Je ne suis ni pour ni contre le nucléaire.

Ce que je peux dire c’est que les gens que je rencontre dans ce domaine et avec qui j’essaie d’avancer ne sont pas de machiavéliques communicants mais qu'ils s’arrachent les cheveux pour essayer de se débarrasser de Tchernobyl et de mettre en place une communication transparente. Alors cette affaire Slovène, même si c’est pas grave, va réveiller bien des souvenirs !

A propos de l'article que je mets en lien, je n'ai rien trouvé sur le
site de Dampierre concernant un incident semblable à celui de Krsko, allez jeter un coup d'oeil et vous verrez que je n'exagère pas question jargon !
Je ne connais pas grand chose de cette
"Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité",
il s'agit d'une association qui défend son fond de commerce, le fait-elle bien ou mal, je ne peux pas le dire. Je trouve que le terme Commision porte déjà à confusion...






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Dimanche 1 juin 2008



Frédéric Back se revendique "artiste engagé au service de l'environnement. Cela fait 40 ans que je me bats pour rendre les gens sensibles aux drames écologiques qui s'annoncent. Malheureusement ce que j'ai dénoncé dans les années 70 ne peut plus être corrigé maintenant."

Aujourdhui Frédéric Back, à 84 ans, ne veut pas laisser le souvenir "du grand père qui a eu raison avant tout le monde", il veut continuer à mobiliser les populations et notamment les jeunes à travers son site internet : frederick.back.com.


Illustrateur, peintre, cinéaste... il n'a jamais lâché sa passion même si il le dit très joliment : "j'ai travaillé des centaines d'heures pour la poubelle".



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