Mardi 8 juillet 2008



Dans un festival de musique, il y a les concerts mais également la vie de festivalier. Les Eurockéennes est un des plus grands festivals européens. Je ne dispose pas des chiffres officiels cette année mais on parle de 100 000 festivaliers dont 15 000 au camping !

Depuis la création du festival, le camping a bien évolué. Au départ c’était une véritable zone. On y trouvait des festivaliers mais également toute une faune attirée par les trafics en tout genre. Aujourd’hui, le camping représente le vrai côté « underground » du festival et s’est bien normalisé niveaux sécurité et organisation.

La tente « accueil camping» contrôle et filtre les entrées. C’est aussi la bouée de secours des  campeurs . Et c’est là que différentes personnes, dont je fais partie, apportent leur contribution en tant que bénévole. Ce bénévolat consiste à donner des heures de travail contre un pass pour le festival.
Ce qui est surtout intéressant, c’est de vivre le festival de l’intérieur. Côté boulot, on ne chôme pas, mais on s’amuse bien aussi. On rencontre tous les styles de campeurs, le plus courant, étant quand même le BCB, à traduire par Bien Crade Bourré ! En effet, pour être dans le move, il faut aimer boire de l’alcool à partir de 10 heures du matin et ne pas dessaouler pendant 3 jours. Cette pratique a quelques inconvénients tels que devoir se coucher par terre, même dans la boue ou la poussière (parce que l’on ne peut plus mettre un pied devant l’autre), perdre ses affaires (dont son billet de concert par exemple), ne plus retrouver ses copains ou sa tente…D’où l’intérêt de la bouée de secours.
Rapidement les campeurs comprennent que la tente accueil est un véritable îlot d’humanité dans ce monde de brutes. Ce qui devient de plus en plus rare de nos jours ! Il y est possible de faire recharger son portable gratuitement, des ordinateurs connectés à internet sont consultables gratuitement aussi, on peut avoir des sacs poubelles (pratiques aussi en tant que K-Way) et les gens sont là pour trouver des solutions à tous les problèmes. On voit de tout : la fille avec les cheveux pas vraiment propres qui veut pouvoir brancher son lisseur pour se faire une beauté avant les concerts du soir et même, cette année, le guitariste des Battles : Ian Williams.

Le pauvre gars avait été déposé par un chauffeur de taxi un peu négligeant, ou qui ne comprenait pas  l’anglais, près de notre accueil. Il faut savoir que le camping est à plus d’un kilomètre du site des concerts et que bien entendu pour accéder au site concerts et à l’accueil artistes a fortiori, il faut un badge. Bref, cet américain ne tarde pas à trouver de l’aide. Les fameux campeurs nous le ramènent. Il se trouve donc devant moi et se présente : «bonjour je suis Ian Williams» «moi c’est Dodue !»
Ces «sauveurs», dont une jolie blondinette qui prenait très à cœur les soucis de son protégé, intervient : «c’est un musicien, il doit absolument rejoindre son groupe, il joue ce soir. Vous pouvez pas l’emmener ?» Me supplie t’elle. Ça se corse. Qui c’est déjà ? Bin, Ian Williams, me répète t’il comme si j’étais sensée connaître cet illustre musicien. Pour prouver sa bonne fois, il me montre son poignet avec tous les bracelets des festivals auxquels il a participé, il me sort un pass avec dessus :
Battles. Je vérifie sur le programme qu’il y a bien un concert des Battles le soir même. Le gars est très gentil, poli, plutôt mignon et crédible…Allez, on va bien trouver un moyen de lui faire rejoindre ses copains au plus vite ! On discute, on négocie et voilà qu’on dégote une voiture Régie avec le macaron rouge, c’est-à-dire qui peut circuler sur tout le site. Il est tellement content de se sortir de galère qu’il nous propose de lui faire signe à la fin du concert en se mettant à droite de la scène : il nous remerciera en coulisses. C’est vraiment cool de sa part.
Nous ne sommes pas allés le voir car nous avions prévu d’assister au concert de Moby. Par contre en ce qui concerne la petite blonde, je pense qu’elle n’a pas oublié le rendez-vous même si son copain avait l’air de faire la gueule !


C’est ça le festival : peu de sommeil, des chaussures de marche, le gobelet consigné pour boire ses bières et surtout toutes sortes de rencontres dans une ambiance très sympa.




En attendant le prochain,
Merci Puce et les cemea !




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Vendredi 4 juillet 2008




Quelques jours de fiesta
à l'étang du Malsaucy





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Lundi 2 juin 2008


Comment mettre le feu avec deux guitares ?
Rodrigo et Gabriela, que j'ai découvert dans l'excellente TARATATA.


La vidéo sur TARATATA est bien meilleure que celles que l'on trouve sur You Tube, on voit beaucoup mieux les mains des musiciens (pour ceux qui veulent essayer de faire pareil...).




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Jeudi 29 mai 2008


Finir les séances de l’atelier d’écriture par une « extériorisation » de notre travail, faire que cette dernière séance soit insolite (thème de l’atelier), voilà l’idée que nous avait exposée Danielle lors de la première rencontre.

Mardi soir, en fin de séance, nous en avons reparlé afin de mettre en commun nos différentes approches de cette proposition. En fait, nous n’y avions pas vraiment réfléchi et nous l’avons donc fait ensemble. Moi, par déformation professionnelle, j’ai toujours besoin de savoir pourquoi je mets en place une action : quel est l’objectif : s’amuser ? faire connaître l’atelier ? donner envie à des gens de participer ? lire nos textes ? Je me suis retenue car j’ai la fâcheuse tendance à prendre les choses en main. Comme je le sais et que je déteste les gens qui se comportent de cette manière, je me bride. Rapidement, le groupe s’est scindé : ceux qui étaient prêts à faire une intervention dans un lieu public, comme un bar, et ceux qui ne se sentaient pas capables de le faire.
Qu’est-ce qui coince ? On n’a pas assez de temps pour préparer, ça ne va pas intéresser les gens, on est des amateurs … et alors ?
Pourquoi avoir des idées si négatives ? Quel est le fond du problème ? Comme l’a dit une participante, c’est plutôt : je n’aime pas faire ça, je ne suis pas à l’aise et cela me demande un effort trop important.
C’est vrai que se « donner en spectacle » ou faire quelque chose que l’on a jamais fait est difficile. On a peur de l’échec, de la honte que l’on ressentira peut-être. Cette peur, cette insécurité moi cela me motive. Je n’ai jamais lu de textes dans un bar, je ne suis pas une animatrice de soirée mais je crois que je pourrais le faire. Bien sûr j’aurais un trac terrible. Ce genre de défi me met des coups de pieds aux fesses et je trouve cela très salutaire. Je déteste avoir le sentiment que je ne suis pas capable d’aller jusqu’au bout par peur (sauf le saut à l’élastique !). Si cela n’intéresse pas les gens et bien on part c’est tout, c’est quoi l’enjeu ? Son amour propre ?
Le regard de ceux que je ne connais pas n’a aucune importance pour moi. Par contre ceux dans les yeux desquels je ne veux pas lire la déception, c’est à dire mes proches, ceux pour qui j’ai de l’estime, sont beaucoup plus intimidants. L’idée d’un public « ami » est certainement plus paralysante. On ne porte pas de masque avec ses proches (en tout cas moi). L’écriture faisant partie de mon jardin secret, il est vrai que j’ai du mal à l’ouvrir à mon entourage. Mais si je devais malgré tout le faire, je le ferais. Je lutterais contre cette frilosité et puis je me jetterais à l’eau.

On se sent tellement plus fort après avoir relevé un défi !

Nous avons donc suspendu le projet. Chacun a sa façon d’avancer et dans un groupe, il faut respecter le rythme des autres. Il faut accepter que chacun prenne le temps de se préparer sinon le groupe risque de ne plus bien fonctionner.

C’est une idée à ne pas laisser tomber car je pense que d’une part, cela peut être vraiment sympa de partager des petits jeux d’écritures, comme ça, spontanément avec des publics qui ne sont pas forcément habitués à le faire, et d’autre part, partager son écriture enrichit celui qui écrit.
Je ne sais pas exactement comment cela fonctionne mais savoir que l’on va lire son texte, que l’on peut être lu est plus constructif que d’écrire seul dans son coin des mots destinés à personne.
C’est peut-être une certaine forme d’exhibitionnisme ?




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