Dans un document révélé par La Tribune et Les Echos et dont l'AFP a obtenu une copie,
M. van Roekeghem (*), Directeur de la Sécu, propose de limiter la prise en
charge des maladies chroniques à 100% aux pathologies "qui sont véritablement longues et coûteuses" et une réduction à 35% du remboursement par l'assurance maladie de certains médicaments, le
reste étant "transféré aux organismes complémentaires" (mutuelles ou assurances privées). Jusqu’où irons-nous ?
Cela m’a rappelé le temps où je travaillais pour le journal de la Ligue contre le Cancer et où je rencontrais
des médecins, des chercheurs et des malades.
Le cancer devrait faire logiquement partie des maladies "véritablement longues et coûteuses", mais comment sera fait le tri ? Et pour ceux
qui passeront à la trappe ?
J’ai recherché un témoignage qui date de 2000.
« ITW Assistante sociale »
Extrait du journal de la Ligue contre le Cancer - 2000
Quand toutes les autres ressources sont épuisées
Le cancer est une maladie grave et longue qui fragilise l’équilibre psychologique, social, familial et financier du malade
et de son entourage. La Ligue contre le cancer a parmi ses «outils d’aide au malade», une commission d’aide sociale qui redistribue une partie des dons aux malades dans la
nécessité.
La Ligue : En tant qu’assistante sociale au Service d’Actions de Prévention du Conseil Général du Bas-Rhin, comment
intervenez-vous dans l’aide sociale attribuée par La Ligue contre le cancer ?
Michèle Bouzy : Le Conseil Général m’a mis à disposition de La Ligue pour réceptionner les demandes de secours que les
assistantes sociales polyvalentes de secteur ou hospitalières souhaitent adresser à l’aide sociale de La Ligue. Je vérifie que le dossier comporte bien toutes les pièces requises pour être
présenté, notamment le certificat médical attestant qu’il y a cancer. Je soumets ces demandes en commission de secours de La Ligue. Je ne suis pas un filtre, toutes les demandes qui s’expriment
sont présentées. Nous avons 10 réunions de commission par an. Au cours de chacune de ces réunions, nous étudions environ 17 à 20 dossiers en moyenne.
L.L : Y-a-t’il une évolution dans les demandes de secours ?
M.B : Oui, elle est en augmentation. En effet ces dernières années, nous avons constaté une
paupérisation de certaines populations pour qui la maladie est un facteur aggravant. Il y a forcément un manque à gagner dû à la maladie d’un des parents qui ne peut, de fait, plus
travailler ou plus s’occuper des enfants. C’est le cas également lorsque que c’est un enfant qui est atteint du cancer ; sa maladie nécessite l’arrêt du travail d’un des deux parents pour
s’occuper de lui. Il est ainsi facile de comprendre que plus le revenu était faible avant la maladie plus les prestations sociales le sont et plus grande est la fragilité du ménage. Il faut
aussi penser aux nombreuses personnes atteintes de cancer qui vivent dans un réel isolement : sans famille, sans proches. Nous ne sommes pas égaux face à la maladie.
L.L : Comment se traduit cette aide ?
M.B : La demande de secours est faite par l’assistante sociale, soit l’assistante sociale de
l’hôpital soit l’assistante sociale de secteur lorsque le malade est de retour chez lui. L’assistante sociale a un rôle très important dans l’accompagnement du malade dans son environnement.
C’est une prise en charge globale de la personne, dans toute son individualité et dans toute son intégralité. A partir de ce travail global, un projet se dessine dont un des éléments de réponse
est un secours financier de La Ligue. Les secours attribués par de La Ligue sont ponctuels, ils permettent de régler des frais dans l’attente des prestations sociales (le loyer par exemple), de
faciliter le retour à domicile en finançant par exemple une «aide aux mères» qui s’occupera des enfants, du matériel médical ... Cette aide n’a pas pour but d’être une aide d’urgence mais c’est
quelque fois le cas, il est déjà arrivé de l’attribuer pour de l’achat de nourriture en attendant le versement de prestations sociales. Les demandes de secours sont adressées à La Ligue en fin
de parcours quand toutes les autres ressources sont épuisées. Les secours de La Ligue ne peuvent pas être envisagés comme une compensation au manque de revenu. Ils ont un caractère exceptionnel
visant à améliorer le bien-être du malade.
Motifs d’attribution de l’aide en 1999
Aide familiale ou ménagère : 15
Endettement dû à la maladie : 19
Frais courants (électricité, téléphone) : 13
Frais de chauffage : 11
Frais de déménagement ou d’installation en raison de la maladie : 8
Frais d’obsèques : 50
Impôts : 8
Insuffisance de ressources : 17
Loyer : 15
Prothèses : 3
Forfait journalier : 2
Divers : 2
Total : 162
En 1999, le Comité du Bas-Rhin de LA LIGUE a redistribué 502 980 francs pour aider les malades du département, en 2000 cette
aide atteindra environ 600 000 francs.
(Je n'ai pas les chiffres d'aujourd'hui)
Mieux vaut être riche et en bonne santé que pauvre et malade !!
(*) désolée, il ne me prend pas le lien complet :
http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--une/
Le-directeur-de-l-assurance-maladie-propose-un-effort-supplementaire.html)
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