Dans la série «qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour aider les copines» : la soirée Speed dating. Bien sûr vous allez dire, c’est la bonne excuse. Non, je vous
assure, j’ai tout ce qu’il me faut à la maison ! C’est seulement une bonne copine qui veut tester le truc mais qui ne veut pas «le faire» toute seule.
- Si, ce sera bien. Comme ça tu me donneras aussi ton avis.
- Je pense que c’est personnel comme choix, tu peux rencontrer quelqu’un qui te plait et que je ne sens pas et
inversement. Je ne sais pas si c’est très fiable comme technique.
- Moi je suis trop dedans tu
vois. Toi tu viens là sans pression, t’es complètement détachée. Je pense que ton regard sera plus neutre que le mien.
- Les hommes n’auront peut-être pas le même comportement avec toi qu’avec moi. Est-ce que la rencontre sera vraiment comparable.
J’étais sincère et puis je n’avais pas du tout envie de perdre ma soirée à zapper entre différents types, à qui
je ne saurais pas quoi dire et en plus ce petit délire (service comme l’appelait Caro) allait me coûter 23 euros !
A grand renfort de «allez ce serait vraiment sympa» ou encore «on va bien se marrer», Caro me tannait le cuir et était bien décidée de ne s’arrêter que
lorsque j’aurais abdiqué.
- Ça coûte quand même 23 euros !
- T’es vraiment rat toi alors. Les femmes ont les boissons offertes.
- C’est quoi ? Verveine-Camomille ? Bon allez d’accord.
- Oh t’es la plus sympa ! J’t’adore, viens je t’embrasse.
Mmvee, mmveu.
- C’est fini oui !
Alors on s’inscrit par mail, trois semaines avant pour être sûr d’être sur la même séance, on paie l’inscription. On reçoit notre
numéro et notre code confidentiel pour ensuite pouvoir rentrer sur le site de l’organisateur des rencontres, les numéros des hommes que l’on souhaiterait revoir. Si ils nous ont aussi
sélectionné, on recevra leur adresse email. C’est bien foutu mais quand même cruel. T’imagines, tu les sélectionnes tous mais tu reçois comme réponse «désolé aucune de vos demandes n’a abouti»
!!!
Le jour J arrive. Je dois reconnaître que je ne suis pas si décontractée que cela. Au démarrage de l’aventure je me disais que
j’allais le prendre à la rigolade et finalement je dois bien me rendre à l’évidence, cela me stresse quand même. C’est idiot non ? D’une part, je crains de rencontrer quelqu’un que je connais et
qui sait que je ne suis pas célibataire : un copain, un voisin, quelqu’un avec qui je bosse… Que va t’il s’imaginer ? Est-ce que je serais obligée de me justifier ? Et ensuite, plus
insidieusement, affronter le regard de personnes qui vont me juger, « est-ce que cette femme me plait », me gêne. J’avais imaginé des trucs débiles pour m’amuser dans le style, me mettre les
doigts dans le nez, simuler des tics, loucher…afin le genre de choses qui mettent mal à l’aise un interlocuteur. Mais toutes ces bonnes intentions s’envolent. Je sens que je vais rester
désespérément moi-même. Est-ce que je n’ai pas de cran ou est-ce que je veux, malgré moi, faire partie de la compétition ?
Avec Caro, on se retrouve devant le bar. Je vois tout de suite qu’elle a soigné la présentation. C’est bien, elle est motivée. A
l’accueil, l’hôtesse vérifie que l’on a pas oublié notre « identifiant », c’est à dire notre numéro, elle nous remet un petit bloc afin que l’on puisse noter nos remarques ainsi que les «
identifiants » des hommes que nous rencontrerons. Elle nous rappelle les dernières consignes : ne pas donner ses coordonnées, ne pas parler boulot et ne pas poser de questions trop
personnelles ( ?!). Une boisson nous est proposée. Je prends une bière, Caro, un Perrier rondelle. Tout acte étant un acte de communication, je suis pas mal placée pour le savoir, je ne peux que
m’interroger sur les messages que nos boissons respectives feront passer ! Caro aimerait que l’on soit proche pour pouvoir se faire des signes. Moi je n’y tiens pas, je préfèrerais être planquée
dans un coin. Je me case derrière un pilier. Une fois que toutes les femmes sont installées, les hommes s’assoient aussi. Il y a un bref moment de flottement durant lequel plusieurs hommes se
précipitent à la même table et que personne ne vient vers moi (parano ou pas ?). Un rapide coup d’œil me permet d’évaluer la tranche d’âge des participants entre 30 et 45 ans. On a sept minutes
pour chaque entretien. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter ? J’ai rien préparer. Je n’ai pas vraiment le temps de trouver une solution à ce problème qu’un type est assis devant moi. «
Respire, reprends ton sang-froid et essaie de rationaliser la situation en prenant du recul » Mais bien sûr ! Bon premier stimuli : le physique. Moyen. Moyen mais pas moche, je dirais que c’est
plutôt l’attitude qui me dérange. Son regard est inquisiteur : il essaie de lire dans mes pensées ou quoi ? Et puis il se rapproche trop: tout le monde sait qu’il y a une distance d’intimité à
respecter avec les autres, surtout les gens que l’on ne connaît pas.
- Ah oui mon «
identifiant ».
J’ai oublié qu’il fallait annoncer son numéro pour que le monsieur puisse le
noter. J’inscris également le sien même si j’ai envie de crier « au suivant ».
- C’est la
première fois que je participe à ce genre de rencontre alors je ne suis pas encore au point !
C’est sorti spontanément. Bingo ! Le type commence à me raconter sa longue expérience d’âme esseulée. Je devrais lui conseiller d’adopter un speech un peu
plus vendeur mais je le laisse parler en l’encourageant de sourires compatissants et en buvant ma bière. Ding ! Le temps est écoulé. Ouf, je n’ai pas pu en placer une et je ne m’en plains pas. Il
me sourit en me lançant un « à bientôt ». Optimiste le gars.
Pas le temps de souffler qu’un
nouveau type s’assoit. Un vrai boulot à la chaîne. Au départ je trouvais le nombre de candidats ridicule : 7 femmes et 7 hommes. Maintenant je me demande comment je vais tenir une heure ! Il
jette un coup d’œil à mon verre…qui est déjà vide ! Oups ! Je suis décidée à garder la même technique et à en dire le moins possible. En fait, les hommes peuvent être très bavards quand ils
veulent. Ding au suivant ! Je recommanderais bien une bière mais je n’ose pas. Celui-là doit être le plus vieux de la bande. Sec, nerveux, il me speed déjà rien qu’en me souriant de façon
crispée. Il n’est pas là pour perdre son temps. Il attaque.
- Vous êtes divorcée ou célibataire
?
Mais je ne vais pas me laisser faire mon coco.
- Pourquoi, quelle différence cela fait pour vous ?
Je sens que je le contrarie. Il ne semble pas apprécier que l’on ne réponde pas à ses questions. Lui non plus ne me répond pas.
- Vous avez des enfants ?
Mais c’est quoi ces questions à la con ? Il me prend pour qui …pour une mère de famille ? Mais je suis une mère de famille !! Ah, il veut la jouer comme
ça. Très bien. Je fais signe au garçon.
- Une Kriska s’il vous plait. Vous ne buvez rien
?
Encore une fois il ne répond pas. Alors là je lui rentre dans le lard.
- Et vous, vous êtes là pourquoi ?
J’ai comme l’impression que je ne suis pas son genre. C’est étrange comme je suis devenue agressive. Incroyable tout de même ce qui peut se passer en sept
minutes.
Dès que le gong retentit, il a déjà bondi sans même me dire au revoir. J’en profite
pour engloutir la moitié de mon verre…et alcoolique en plus !
- bonjour
Madame.
Nan, ça va pas recommencer quand même !
La suite demain car ce papier est vraiment trop long !!
(dis pas des trucs pareils 2 2 va m'en vouloir à mort !)