Pour tous ceux que la pub fait rêver !
Il est neuf heures moins dix et je suis déjà dans l’ascenseur qui me monte à l’agence. Je suis en avance ce matin, tant mieux j’aurai plus de
temps pour papoter avec Sabrina. Je sonne, la porte s’ouvre. Je vais poser mon sac dans mon bureau et j’allume l’ordi. Tout est calme le matin. La plupart des gens qui bossent ici n’arrivent pas
avant neuf heures trente. J’ouvre iTunes et je lance ma nouvelle liste en montant le son. Tiens, Sabrina n’est pas encore là. Elle doit me servir une tasse de café. Je me dirige vers la petite
cuisine du bureau.
Qui boit le café avec Sabrina, un sachet de la boulangerie ouvert sur la table ? Vanderbreloque ! Le boss ne vient jamais à cette heure
d’habitude. Qu’est-ce qui lui arrive ? Encore un de ses coups tordus ?
- Ah Dodue ! Je savais bien que tu n’étais pas une tire-au-flanc.
J’ai bien fait d’être en avance ce matin, c’est un bon point pour moi.
- Allez viens t’assoire avec nous.
Il me tend une chais. Je jette un regard interrogateur en direction de Sabrina. Elle me sourit. Ça va.
- Tu préfères un croissant ou un pain au chocolat ?
- Un pain au chocolat.
- C’est drôle, je m’en serais doué.
Ça veut dire quoi ça ? Bon alors qu’est-ce qui se passe ici ? Vanderbreloque est encore plus en vrac que d’habitude : ses vêtements sont
froissés, il est crasseux et ce qui est nouveau, c’est qu’il n’est pas rasé. Ses ongles noirs trempent dans le café en même temps que le morceau de croissant. C’est pas grave, il enfourne tout
dans la bouche en même temps. Il va réussir à me couper l’envie de finir mon petit pain. Qu’est ce qu’il a fait ? Je n’en peux plus, il faut que je sache. C’est plus fort que moi.
- Qu’est ce qui se passe, vous n’avez pas dormi de la nuit ?
Il s’approche tout près de mon visage et en me soufflant dessus :
- Tu sais ce que j’aime chez toi Dodue ?
Aïe, j’ai encore dit une connerie !
- C’est que t’as pas froid aux yeux !
Et là dessus, il se lève et nous quitte. Sabrina pouffe dans sa tasse.
- T’aurais vu ta tête quand t’es arrivée !
- Mais qu’est ce qu’il fait là ?
- Je sais pas, il était déjà dans la cuisine quand je suis arrivée.
- Non mais t’as vu la dégaine. On dirait un SDF qui a hérité d’un costard ! En fin de matinée on doit aller ensemble chez
Leclientleplusimportantdelaboite, il ne va quand même pas se pointer comme ça ?
- C’est pas ton problème.
- Si parce que si on perd ce client, je perds aussi mon job.
- Attends un boulot aussi pourri et aussi mal payé t’en trouveras un autre. Tu vas pas me dire que tu tiens à ton job d’assistante de
Vanderbreloque, le type le plus naze et le plus ignoble que j’ai jamais rencontré !
- Fais gaffe, je te rappelle qu’il rôde.
Je retourne à mon bureau. Merde, j’ai oublié la musique à fond ! Le bureau de Vanderbreloque est juste en face du mien. Je me précipite pour
quitter iTunes.
- Tu pouvais laisser, c’était pas mal. Viens voir, faut qu’on fasse le point pour notre rendez-vous de tout à l’heure.
Je prends le dossier et je le rejoins. Ça pue le fauve dans ce bureau ! Plus je le regarde et plus il me fait peur : c’est un vrai débris ! Je
vais encore m’attirer ses foudres mais il faut que je lui parle : il ne peut pas aller en clientèle dans cet état.
- Excusez-moi, mais je pense que cela vous ferait du bien de vous rafraîchir (oh, le bel euphémisme !) car vous avez l’air au bout du rouleau.
C’est pas forcément très bon en terme d’image.
Bon je l’ai dit, maintenant il le prend comme il veut !
- Très juste Dodue ! On va s’occuper de ça toi et moi.
Comment ça toi et moi ? Qu’est ce qu’il a pris ? Il a pas dessaoulé ou alors il a fumé un truc pas sain.
- On va faire une liste de ce qu’il me faut, note !
Au point où j’en suis je note sans plus rien rajouter, je crois que j’en ai déjà beaucoup trop fait pour aujourd’hui.
- Alors : un rasoir et de la mousse à raser, une brosse à dents et du dentifrice…
Tiens, j’aurai juré qu’il ne se lavait jamais les dents !
- Et puis aussi des lingettes car je ne me suis pas lavé.
Des lingettes Mixa Bébé ou Mr Propre ?
- Il me faut aussi une chemise propre.
- Quelle taille ?
- Je sais pas moi. Tiens tu veux pas regarder dans mon col ?
Par miracle, mon téléphone se met à sonner. Je crois que je n’ai jamais couru aussi vite pour décrocher.
- Allez demander à Sabrina et vous me le dites après !
C’est pas très sympa mais soulever les cheveux crasseux et tirer sur le col graisseux - ou l’inverse, le col crasseux et les cheveux graisseux
- au risque de lui toucher la peau…c’est le coup de renvoyer le petit déj.
Il revient tout fier de lui. Je suis encore en ligne.
- C’est du 42. Tu pars tout de suite me trouver ça au Monop du coin de la rue.
Encore une belle journée qui commence !
Heureuse que cela te plaise.
Moi je fais ça en amateur (par rapport au blog de Max) c'est plutôt pour m'amuser et me débarrasser de vieux démons !!