Source Géo - avril 2008
Pétrole, mines, bois, BTP…les Chinois sont sur tous les fronts. Ils seraient
déjà 500 000 en Afrique contre 110 000 Français. Selon le ministère chinois du commerce, les échanges Chine-Afrique ont été multipliés par cinq entre 2001 et 2006. La Chine vient de prendre la
place de la France comme second partenaire commercial de l’Afrique (après les Etats-Unis).
Qu’est-ce qui explique cela ?
Plusieurs choses, d’abord les chinois n’ont pas peur de se retrousser les manches et surtout de faire venir leur propre main d’œuvre surexploitée
travailler sur place. Certains Etats imposent tout de même des quotas d’ouvriers originaires du pays, mais cela ne se passe pas toujours bien «sur le chantier du barrage d’Imboulou, à deux
cents kilomètres au nord de Brazzaville, ils sont quatre cents techniciens et ouvriers qualifiés chinois pour encadrer un millier de travailleurs congolais. Problème : le chantier a pris du
retard car les Africains sont si mal payés – moins de deux euros par jour -, qu’ils abandonnent le travail dès qu’ils trouvent un job mieux rémunéré. L’ingénieur Wang Wei, qui dirige le chantier
s’est plaint aux autorités congolaises, réclamant sans scrupules, la mise à disposition de prisonniers» . Grâce à cela, ils pratiquent des prix cassés et bouclent des chantiers en des délais records pour la gloriole personnelle des Chefs d’Etat
mégalos.
Ensuite les Chinois s’y connaissent en pots-de-vin et en prêts pour financer leurs
propres chantiers. Quelques détournements de prêts provoquent bien quelques crises diplomatiques par ci ou par là - deux milliards de dollars sur sept prêtés par Pékin à l’Angola pour des travaux
se sont évaporés (!) entre 2004 et 2006 – mais globalement Chefs d’Etat africains et chinois arrivent à s’entendre.
En effet, ils sont bien d’accord sur un point : la démocratie est un fléau. La «non-ingérence» est le maître mot du discours idéologique qui accompagne la présence chinoise en Afrique. La Chine
soutint – entre autre – des régimes dictatoriaux comme celui de Robert Mugabe au Zimbabwe ou celui d’Omar al-Bachir au Soudan, accusé de crime contre l’humanité au Darfour. La possible complicité
de la Chine dans le massacre de 200 000 civils au Darfour aurait conduit Spielberg à refuser de mettre en scène l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin.
Evidemment, les occidentaux n’ont pas fait mieux ! Combien de dictateurs sanguinaires avons-nous soutenu ? Combien de richesses
avons-nous pillées ?
Mais avec les Chinois, on a l’impression que le pillage est démultiplié : la forêt, les mines, le pétrole…toutes les ressources de
l’Afrique naviguent vers la Chine.
Que dire également de la façon dont sont traités les hommes
et l’environnement ?
Les Africains, je pense aux peuples, gagneront-ils quelque chose dans cette collaboration avec les Chinois ?
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