Fiction en cours d'écriture...
(voir la rubrique brouillon)
En longeant la rue St Désirée, bordée de ses grands bâtiments de pierres blanches, je décidai de faire un crochet par le parc. La nuit
étant proche, il serait certainement désert. En tout cas, j’aurais peu de chance de croiser la «Dame du Parc». Je faisais toujours le même circuit : l’aire de jeux des enfants, puis le sentier en
direction du kiosque et enfin je terminais en faisant le tour de l’étang. Les arbres étaient presque nus. Mes semelles ramassaient les petits gravillons roses des allées. Une odeur de végétaux en
décomposition flottait dans l’air humide et froid. Elle était si présente, si oppressante, que j’avais l’impression d’être un cadavre caché sous un tas de feuillage mouillé et collant. La mort ne
me faisait pas peur, je l’envisageais même comme une délivrance. L’eau de l’étang était sale et abandonnée. Le grand Ginko lâchait ses dernières feuilles. Je ne pus m’empêcher d’en ramasser
quelques unes . J’aimais leur forme particulière. Etait-ce une petite trompette, un éventail ou un volant détaché d’un vêtement ? Il y avait dans cette feuille de la féminité et aussi de la
gaîté. Petit, j’en remplissais les livres de la maison. Aujourd’hui encore il m’arrivait d’en découvrir une au détour d’une page. Un instant de complicité entre la bibliothèque et moi.
Aimé Gomez allait me donner du fil à retordre.
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