C’était un jour plombé comme il y en a tant en novembre. Sa lumière blafarde recouvrait tout de sa morosité. Les corneilles
criaient lugubrement. Les arbres exhibaient leurs membres nus et décharnés.
Je me tassais, seule sur ce banc, engourdie, ankylosée par la grisaille ambiante. Sans que je sache pourquoi une immense
tristesse m’envahissait. J’étais en train de couler dans le paysage. Il m’absorbait, m’infiltrait. Et comme ses lianes métalliques pendant avec lassitude entre deux pylônes, je sentais mes
épaules s’effondrer.
« Je peux »
Une voix avait soufflé ces deux mots et, sans attendre ma réponse, s’asseyait à côté de moi. Qu’importe, tout m’était égal.
Pourtant dans un dernier soubresaut, je tournai la tête. Je fus frappée en plein cœur. Une décharge électrique venait de me ressusciter. Il y avait tellement de vie dans ce sourire. Un rayon de
soleil transperça l’opacité du ciel et entra dans mon œil.
C’est ainsi que je fis la connaissance de Jun. Une rencontre au creux de la vague qui allait modifier la palette des couleurs de mon environnement.
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big bisous