« Ce n’est pas que pour les enfants »
Ma première visite chez cette spécialiste de la dentition remonte à il y a six mois. Je m’étais enfin décidé à passer la porte de son cabinet après avoir retourné
cette question pendant presque un an (oui je suis longue à la détente) : devrais-je ou non porter un appareil dentaire ?
La femme est charmante. Ambiance «poupée Barbie» : blanc et rose. Il n’y a que des filles qui travaillent dans ce cabinet. Elles sont toutes mignonnes. Elles portent
des blouses blanches et des baskets roses. On me fait allonger sur un fauteuil de dentiste…rose et l’examen commence. Quelques photos, radios et trucs durs dans la bouche plus tard, le diagnostic
tombe : «On peut faire un traitement sur deux ans».
C’est très long deux ans. Tout ce qui peut se passer en deux ans : changer de boulot, aller à des fêtes, garder le même petit ami ou le quitter, faire un enfant,
acheter une maison etc. Tout ça avec mon appareil dentaire ! Est-ce que je vais me lancer dans cette aventure ?
J’ai bien sûr essayé de me faire aider par mon entourage : «qu’est ce que tu en penses ?». Rien à attendre de ce côté-là : «Bof ça se voit pas vraiment ?», «Elles
sont bien tes dents». Personne ne me donnait LA réponse que j’attendais. Pas de petit coup de pouce salvateur. Je restais dans l’incertitude. Plusieurs raisons à cela : d’abord la peur de
souffrir, ensuite la peur d’être ridicule, puis le coût et aussi ce temps de traitement qui s’annonçait interminable. Et une dernière chose qui insidieusement me trottait dans la tête : et si tu
ouvrais la boîte de Pandore ? On commence par les dents puis c’est le nez, les seins, les fesses et quoi encore ? Est-ce que je ne risquais pas de me lancer dans cette spirale infernale
?
Et puis j’ai décidé de me jeter à l’eau. Toute seule. Et me voilà avec mes bagues sur la mâchoire inférieure. Ce sont des bagues translucides, cela ne se voit pas
beaucoup. Pourtant je me regarde dans le miroir avec un brin de nostalgie : je ne sourirai plus jamais comme avant. Et avec un brin d’inquiétude : j’espère que je ne fais pas une
connerie.
La suite du traitement dans les prochains épisodes.
Retour à la page d'accueil
Derniers Commentaires