Jeudi 29 mai 2008


Finir les séances de l’atelier d’écriture par une « extériorisation » de notre travail, faire que cette dernière séance soit insolite (thème de l’atelier), voilà l’idée que nous avait exposée Danielle lors de la première rencontre.

Mardi soir, en fin de séance, nous en avons reparlé afin de mettre en commun nos différentes approches de cette proposition. En fait, nous n’y avions pas vraiment réfléchi et nous l’avons donc fait ensemble. Moi, par déformation professionnelle, j’ai toujours besoin de savoir pourquoi je mets en place une action : quel est l’objectif : s’amuser ? faire connaître l’atelier ? donner envie à des gens de participer ? lire nos textes ? Je me suis retenue car j’ai la fâcheuse tendance à prendre les choses en main. Comme je le sais et que je déteste les gens qui se comportent de cette manière, je me bride. Rapidement, le groupe s’est scindé : ceux qui étaient prêts à faire une intervention dans un lieu public, comme un bar, et ceux qui ne se sentaient pas capables de le faire.
Qu’est-ce qui coince ? On n’a pas assez de temps pour préparer, ça ne va pas intéresser les gens, on est des amateurs … et alors ?
Pourquoi avoir des idées si négatives ? Quel est le fond du problème ? Comme l’a dit une participante, c’est plutôt : je n’aime pas faire ça, je ne suis pas à l’aise et cela me demande un effort trop important.
C’est vrai que se « donner en spectacle » ou faire quelque chose que l’on a jamais fait est difficile. On a peur de l’échec, de la honte que l’on ressentira peut-être. Cette peur, cette insécurité moi cela me motive. Je n’ai jamais lu de textes dans un bar, je ne suis pas une animatrice de soirée mais je crois que je pourrais le faire. Bien sûr j’aurais un trac terrible. Ce genre de défi me met des coups de pieds aux fesses et je trouve cela très salutaire. Je déteste avoir le sentiment que je ne suis pas capable d’aller jusqu’au bout par peur (sauf le saut à l’élastique !). Si cela n’intéresse pas les gens et bien on part c’est tout, c’est quoi l’enjeu ? Son amour propre ?
Le regard de ceux que je ne connais pas n’a aucune importance pour moi. Par contre ceux dans les yeux desquels je ne veux pas lire la déception, c’est à dire mes proches, ceux pour qui j’ai de l’estime, sont beaucoup plus intimidants. L’idée d’un public « ami » est certainement plus paralysante. On ne porte pas de masque avec ses proches (en tout cas moi). L’écriture faisant partie de mon jardin secret, il est vrai que j’ai du mal à l’ouvrir à mon entourage. Mais si je devais malgré tout le faire, je le ferais. Je lutterais contre cette frilosité et puis je me jetterais à l’eau.

On se sent tellement plus fort après avoir relevé un défi !

Nous avons donc suspendu le projet. Chacun a sa façon d’avancer et dans un groupe, il faut respecter le rythme des autres. Il faut accepter que chacun prenne le temps de se préparer sinon le groupe risque de ne plus bien fonctionner.

C’est une idée à ne pas laisser tomber car je pense que d’une part, cela peut être vraiment sympa de partager des petits jeux d’écritures, comme ça, spontanément avec des publics qui ne sont pas forcément habitués à le faire, et d’autre part, partager son écriture enrichit celui qui écrit.
Je ne sais pas exactement comment cela fonctionne mais savoir que l’on va lire son texte, que l’on peut être lu est plus constructif que d’écrire seul dans son coin des mots destinés à personne.
C’est peut-être une certaine forme d’exhibitionnisme ?




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