Mercredi 30 janvier 2008

Pour tous les amoureux de la pub…suite
(et y’en aura d’autres, j’en ai des tonnes en stock !)



Il est 15 heures, Bruno n’est toujours pas là. Bruno c’est le D.A . pour ceux qui ne sont pas de la partie, c’est le Directeur Artistique. Il règne sur les graphistes et à droit de vie ou de mort sur leurs misérables créations. En l’occurrence notre Bruno à nous n’est pas très méchant (j’en ai connu par la suite des biens pires et même des bien plus garce !). Il a simplement ses humeurs et surtout c’est un alcoolodépressif. C’est un petit poux qui en veut à la terre entière car elle ne reconnaît pas ses œuvres. Oui, c’est un artiste …mais il n’y a que lui qui le sait et cela le rend terriblement triste. C’est pour cela qu’il boit.
Dans l’agence, il a un pote de picole, ça tombe bien c’est le Directeur, Vanderbreloque. Vanderbreloque, lui il boit pour pleins de raisons : il est nul, il sait que la boite est en train de couler (lui), sa femme est rosse (elle l’appelle toujours pour l’engueuler), son père est mort et d’ailleurs son chat aussi (il inventerait n’importe quoi pour apitoyer le client et il croit que c’est comme ça qu’on vend !).
Bref la tête de la boîte est pourrie et moi comme je suis une jeune diplômée pleine d’espoirs je ne m’en suis pas rendu compte aux entretiens d’embauche, toute contente que j’étais de bosser en agence de pub.
Mais je m’égare. En fait la boîte tourne quand même car il y d’autres personnes qui bossent : des chefs de pub, des assistants chef de pub , des graphistes, la responsable de fabrication etc…et moi qui ai tiré le gros lot car j’ai le privilège (que personne ne m’envie) d’être l’assistante de Vanderbreloque. Ce qui veut dire que pendant que Monsieur le Directeur est en rendez-vous à l’extérieur – traduction s’enfile des demi au bistrot d’en bas – je travaille. Je travaille avec ma copine graphiste (surnommée Miss Grosjambon par mon chéri car elle a de grosses cuisses, ça c’est pas gentil du tout). Je ne la nommerai pas par ce surnom désobligeant en souvenir de notre amitié de l’époque, je l’appellerai donc Katia. Alors avec Katia on est en binome sur le plus gros budg de l’agence, tenez-vous c’est de la grande distrib, super éclat ! Je reprends, c’est le plus gros budget de l’agence, de la grande distribution (style Auchan, Leclerc etc…) donc super chiant car côté créa c’est terrible. On galère donc pour « rentrer » tous les produits qu’il faut sur le dépliant. En plus le client impose les tailles et pratiquement les emplacements des photos car il faut savoir que cela a une importance cruciale pour les résultats des ventes des produits en question. Voilà pourquoi c’est super créatif. Pour corser le tout, le client est un fou furieux qu’il faut prendre avec des pincettes car le moindre écart vis-à-vis de son « cahier des charges » le met hors de lui. Comme nous ne sommes que des assistantes, il nous parle comme à des moins que rien, à la limite de l’insulte.
Quand il nous fait refaire la page centrale pour la xième fois en nous aboyant dessus, je fais des efforts surhumains pour ne pas lui raccrocher au nez. Le client est roi. Katia est en larmes. Eh oui, bosser dans la pub c’est ça aussi !
Il est 18 heures. Bruno et Vanderbreloque sont de retour. Normal j’ai presque fini ma journée…Il est d’humeur badine le patron ; les yeux perdus dans le vague et l’haleine alcoolisée il s’essaie à quelques bons mots sur ces gentilles assistantes.
Seulement voilà sa charmante assistante n’a vraiment pas envie de rigoler, elle en a déjà (au bout d’un mois) ras le bol de ce boulot de merde et surtout de son patron à la con (houlala je deviens grossière !). Et Dodue (eh oui c’est mon nom), si polie et gentille qu’elle est, quand elle pète une pile, elle ne se retient pas. Elle balance tout à la tête de Vanderbreloque, les épreuves du dépliant, ce qu’elle pense de Monsieur Le-plus-gros-client-de-l’agence et de son comportement. C’est pas beau à entendre. D’ailleurs Katia se tasse sur sa chaise, elle baisse la tête et elle laisse ses larmes dessiner de vilaines traces noires sur ses jolies joues rebondies.
Et Dodue, elle prend son sac et elle se casse.

Ainsi a commencé, comme on peut s’en douter, une formidable histoire d’amour entre Vanderbreloque et moi.
(Non, ça c’est dans les films. Dans la vraie vie, une scène comme ça, ça s’arrange difficilement)
publié dans : la galérienne communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
 
Blog : Blogzine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus