Jeudi 31 janvier 2008


Kerviel c’est le lampiste que la Société Générale a trouvé pour lui mettre ses pertes sur le dos. Vous savez le mec dont les journaux ont publié la photo, une photo de tête de bandit. Ils n’ont pas écrit « wanted » dessous avec une récompense car il est allé « spontanément » se rendre à la police ( cette photo, était-ce bien nécessaire ? bravo la presse !).

Cette affaire pue la magouille à fond. Même dans BFM (radio de l’économiewww.radiobfm.com/), ils ne savent plus quoi en penser pourtant (ou parce que justement) ils ont fait venir causer dans le poste tous les experts possible et imaginable pour donner leur avis sur l’affaire. Personne n’y voit clair.

Est-ce qu’il est imaginable qu’un mec tout seul prenne des positions sur des montants aussi gros sans que personne ne s’en aperçoive ? C’est soit du mensonge soit de l’incompétence : choisissez Monsieur Bouton (super patron de la Société Générale).
En admettant que ce gars (Jérôme Kerviel) avait les coudées franches. Il était quand même pas arrivé là par hasard ? Il a fait gagner combien à la Société Général avant ça ?

Pendant ce temps, Bouton s’est vu refuser sa démission par son Conseil d’Administration (composé de potes, de mecs qui peuvent pas la ramener et de…sa femme). C’est beau la finance française ! Au moins aux Etats-Unis (et pourtant je suis loin d’adhérer à leur fonctionnement social), quand le staff fait des conneries, il assume comme les autres. Il est viré. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Le moindre caissier dans une banque qui fait des erreurs de caisse à répétition (allé maxi pour 15 000 euros, et c’est déjà beaucoup), il est viré.

Je trouve incroyable et inadmissible que l’on mette tout sur le dos de Kerviel. Il a certainement fait des trucs pas clairs mais il n’était pas seul. J’espère que nos dirigeants laisseront la brigade financière faire son boulot…mais malheureusement j’en doute.

Je crains fort que pendant que Kerviel purgera sa peine en prison et que nous (eh oui l’Etat soutiendra la Société Générale a dit Sarkozy) paierons les pots cassés, Môssieur Bouton sera bien au chaud dans son fauteuil en cuir au sommet d’un building !

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Mercredi 30 janvier 2008

Pour tous les amoureux de la pub…suite
(et y’en aura d’autres, j’en ai des tonnes en stock !)



Il est 15 heures, Bruno n’est toujours pas là. Bruno c’est le D.A . pour ceux qui ne sont pas de la partie, c’est le Directeur Artistique. Il règne sur les graphistes et à droit de vie ou de mort sur leurs misérables créations. En l’occurrence notre Bruno à nous n’est pas très méchant (j’en ai connu par la suite des biens pires et même des bien plus garce !). Il a simplement ses humeurs et surtout c’est un alcoolodépressif. C’est un petit poux qui en veut à la terre entière car elle ne reconnaît pas ses œuvres. Oui, c’est un artiste …mais il n’y a que lui qui le sait et cela le rend terriblement triste. C’est pour cela qu’il boit.
Dans l’agence, il a un pote de picole, ça tombe bien c’est le Directeur, Vanderbreloque. Vanderbreloque, lui il boit pour pleins de raisons : il est nul, il sait que la boite est en train de couler (lui), sa femme est rosse (elle l’appelle toujours pour l’engueuler), son père est mort et d’ailleurs son chat aussi (il inventerait n’importe quoi pour apitoyer le client et il croit que c’est comme ça qu’on vend !).
Bref la tête de la boîte est pourrie et moi comme je suis une jeune diplômée pleine d’espoirs je ne m’en suis pas rendu compte aux entretiens d’embauche, toute contente que j’étais de bosser en agence de pub.
Mais je m’égare. En fait la boîte tourne quand même car il y d’autres personnes qui bossent : des chefs de pub, des assistants chef de pub , des graphistes, la responsable de fabrication etc…et moi qui ai tiré le gros lot car j’ai le privilège (que personne ne m’envie) d’être l’assistante de Vanderbreloque. Ce qui veut dire que pendant que Monsieur le Directeur est en rendez-vous à l’extérieur – traduction s’enfile des demi au bistrot d’en bas – je travaille. Je travaille avec ma copine graphiste (surnommée Miss Grosjambon par mon chéri car elle a de grosses cuisses, ça c’est pas gentil du tout). Je ne la nommerai pas par ce surnom désobligeant en souvenir de notre amitié de l’époque, je l’appellerai donc Katia. Alors avec Katia on est en binome sur le plus gros budg de l’agence, tenez-vous c’est de la grande distrib, super éclat ! Je reprends, c’est le plus gros budget de l’agence, de la grande distribution (style Auchan, Leclerc etc…) donc super chiant car côté créa c’est terrible. On galère donc pour « rentrer » tous les produits qu’il faut sur le dépliant. En plus le client impose les tailles et pratiquement les emplacements des photos car il faut savoir que cela a une importance cruciale pour les résultats des ventes des produits en question. Voilà pourquoi c’est super créatif. Pour corser le tout, le client est un fou furieux qu’il faut prendre avec des pincettes car le moindre écart vis-à-vis de son « cahier des charges » le met hors de lui. Comme nous ne sommes que des assistantes, il nous parle comme à des moins que rien, à la limite de l’insulte.
Quand il nous fait refaire la page centrale pour la xième fois en nous aboyant dessus, je fais des efforts surhumains pour ne pas lui raccrocher au nez. Le client est roi. Katia est en larmes. Eh oui, bosser dans la pub c’est ça aussi !
Il est 18 heures. Bruno et Vanderbreloque sont de retour. Normal j’ai presque fini ma journée…Il est d’humeur badine le patron ; les yeux perdus dans le vague et l’haleine alcoolisée il s’essaie à quelques bons mots sur ces gentilles assistantes.
Seulement voilà sa charmante assistante n’a vraiment pas envie de rigoler, elle en a déjà (au bout d’un mois) ras le bol de ce boulot de merde et surtout de son patron à la con (houlala je deviens grossière !). Et Dodue (eh oui c’est mon nom), si polie et gentille qu’elle est, quand elle pète une pile, elle ne se retient pas. Elle balance tout à la tête de Vanderbreloque, les épreuves du dépliant, ce qu’elle pense de Monsieur Le-plus-gros-client-de-l’agence et de son comportement. C’est pas beau à entendre. D’ailleurs Katia se tasse sur sa chaise, elle baisse la tête et elle laisse ses larmes dessiner de vilaines traces noires sur ses jolies joues rebondies.
Et Dodue, elle prend son sac et elle se casse.

Ainsi a commencé, comme on peut s’en douter, une formidable histoire d’amour entre Vanderbreloque et moi.
(Non, ça c’est dans les films. Dans la vraie vie, une scène comme ça, ça s’arrange difficilement)
publié dans : la galérienne communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 29 janvier 2008

Deuxième rendez-vous avec l’atelier d’écriture. Une fois de plus j’en sors totalement euphorique, on dirait que j’ai fumé des trucs illicites. Je pense que cela vient de la mise sous pression pendant les deux heures de rédaction. En effet, on a plusieurs petits exercices d’écriture minutés ce qui oblige à trouver des idées et à les développer rapidement. En fait le but en soit n’est pas de corriger un style mais de stimuler la créativité dans l’écriture. On devrait pourtant au fil des ateliers se rendre compte de progrès notamment en ce qui concerne la qualité de notre écriture…on verra ça. En tout cas c’est un bon stimulant cérébral.

On a fini par un exercice en 5 minutes : Pour vous, quel est le goût de l’amitié ?

Je livre brut de brut mon texte :
« Si l’amitié avait un goût, ce serait un goût qui appelle l’appétit. Un goût de « reviens-y » comme on dirait chez moi. Qu’il soit sucré ou salé, c’est l’affaire de chacun. Une affaire de goût justement. Pour moi, il s’agit d’un goût doux et subtil ; je n’aime pas les saveurs qui s’imposent et envahissent tout le palais. Un goût long en bouche comme un bon vin. J’aime les amitiés fiables et durables. Enfin un goût qui ne s’altère pas avec les années. Un goût qui tient ses promesses d’arômes et qui reste fidèle à sa première rencontre. »

Concernant les lectures (voir j'ai choisi Kundera), c’était assez intéressant car très varié.
J’ai noté d’emprunter à la bibliothèque du coin : Michel Onfray – la raison gourmande www.lire.fr/critique.asp/idC=30849/idTC=3/idR=210/idG=7
Orsena – la grammaire est une chanson douce www.erik-orsenna.com/
et Conseils du cœur de Dalai Lama (un truc qui ne me serait jamais venu à l’idée de lire)

Autre petit exercice : rédiger 5 phrases commençant par je me souviens... (il faut que ce soit un souvenir personnel qui décrive une sensation) 5 minutes aussi.


Petite constatation au passage,
Ce qui m'encourage c'est que je me rend compte que l'on a tous notre petit univers personnel. Je dis que cela m'encourage car en général quand je relis ce que j'écris je me trouve d'une banalité affigeante. Découvrant donc les univers des autres, j'en déduis que j'ai forcément aussi le mien. C'est à nos différences qu'il faut s'accrocher, c'est ce qui nous rend intéressant.
publié dans : à propos de Dodue communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 29 janvier 2008

(vite fait pour ceux qui suivent le blog de cochondingue.over-blog.net, et pour ceux que la pub fait rêver)


"- Quoi, il t’a pas donné ton chèque ?
- Ben non, il est plus d’accord.
- Non mais tu déconnes. C’était très clair il devait te faire un chèque de deux mois de salaire si il ne voulait pas aller aux Prud’homme.
- Ouais je sais."

Comme si des semaines à croiser le fer avec ce caractériel de Bigboss ne m’avait pas suffit. Je me sentais laminée et je n’avais plus la force de lutter maintenant que j’avais enfin quitté cette boite de dingues et qu’un autre poste, si prometteur, m’attendait dans une autre agence de pub.
Finalement j’étais prête à renoncer à mon fric.

"- Tu y retournes et tu reviens avec le chèque !
- Mais il est rentré en réunion…
- Justement c’est le moment de foutre le bordel."

Celui qui m’avait pris en main et me parlait si durement, c’était pourtant mon cher et tendre, mon coach pour l’occasion. Mission : ne pas se faire entuber. Il savait s’y prendre avec moi car en bon petit soldat je suis sortie de la voiture et j’ai repris le chemin du bureau. J’y retournais.
La tête de Bigboss quand il m’a vu débarquer dans la salle de réunion où il discutait avec un client ! Je devais avoir mon air buté car il m’a tout de suite demandé de l’attendre dans son bureau.
J’ai pas attendu longtemps, il est vite arrivé. Après une nouvelle tentative d’intimidation, (dans ma tête j’entendais « reviens avec le chèque »), il a signé le chèque. Quand il me l’a tendu j’ai senti sa colère contenue.

J’ai traversé les bureaux la tête haute en montrant le chèque aux ex-collègues. J’étais légère, débarrassée de toute cette sale culpabilité, de ce manque de confiance qui s’était insinué dans mon cerveau depuis des semaines. J’avais gagné !

En arrivant sur le parking, j’ai agité le chèque au nez de mon mec qui fumait en m’attendant.

"- Putain tu l’as ? - Ah il était fier de moi. - Tu sais moi à ta place j’aurais jamais eu le courage de remonter."

Ah le salaud !
Il méritait bien que je l’embrasse pour ce qu’il m’avait aidé à reconquérir.

La boite a continué à licencier d’autres collaborateur sous couvert d’un faux licenciement économique. Je suis la seule à avoir eu un chèque.

Conclusion :
- 1 : quand on est moralement atteint on a souvent besoin de soutien pour aller de l’avant.
- 2 : pour repartir du bon pied, il faut avoir retrouvé la confiance en soi et donc s’être battu et avoir le sentiment de ne pas avoir tout perdu.
publié dans : la galérienne
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