Dimanche 16 mars 2008
http://fr.youtube.com/watch?v=W5ztTfG3Yog&feature=related



C'est pas beautiful, ça ?





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Mardi 26 février 2008


Toute société humaine fonctionne grâce à une multitude de règles, de codes et de symboles. Ces repères lui permettent d’évoluer en harmonie (plus ou moins) sans que tout soit en permanence remis en question. Ce sont les fondamentaux même d’une vie en communauté.

C’est pourquoi ce que certains appellent «l’incident du salon de l’agriculture» n’en est certainement pas un. Quoi que l’on veuille nous faire croire un Président de la République n’est pas Monsieur Toutlemonde. Dans la réalité et dans l’imaginaire collectif, il est tient une place symbolique : c’est le Chef des Armés, le responsable de notre système judiciaire, celui qui détient le pouvoir d’utiliser l’arme atomique et celui qui doit représenter le peuple français à l’étranger. Pour toutes ses raisons, un Président de la République ne peut pas échapper à son statut. Même si il veut «dépoussiérer» l’image liée à la fonction, il est obligé de respecter un minimum de codes …sous peine de se trouver hors jeu.

En insultant une personne hier au Salon de l’Agriculture, Nicolas Sarkozy a transgressé une règle fondamentale : la maîtrise. Que penser d’un homme qui ne sait pas gérer ses impulsions ? A ce niveau de responsabilité c’est très grave (pensez au bouton nucléaire). Que penser d’un homme qui parle grossièrement et insulte ? De quel droit va t’il donner des leçons de civisme et se mêler de l’éducation de nos enfants ? Que penser d’un homme aussi méprisant et imbu de sa personne ? Peut-on lui confier le bien publique, les réformes de la santé, les problèmes de pouvoir d’achat des Français ?

Il s’agit du plus haut personnage de l’Etat. Ce n’est pas rien.
C’est à dire que si au plus haut niveau de notre pays, on peut insulter et se conduire comme le premier petit «vaurien» venu alors qu’est-ce que cela signifie pour nous tous ?

Symboliquement cela signifie que nous pouvons tous traiter ceux qui nous déplaisent de «pauvre con», nous pouvons tous oublier d’être mesurés dans nos propos, nous pouvons tous nous «lâcher».
Symboliquement, il a perdu le pouvoir d’avoir de grands desseins pour le pays, de conduire de grandes réformes et d’unir le peuple autour d’un projet commun.

Quand on veut être chef, il faut avoir de la grandeur. Sans cela on n’est pas un meneur.

Cet « incident » est un élément de plus qui nous rapproche d’une crise plus forte à venir. Car la perte de maîtrise engendre la perte de confiance.
On ne se défait pas comme ça des codes et des symboles.


Un conseil Monsieur Sarkozy, faites vous discret quelques temps et évitez les sorties en public.

Ecoutez la chronique de ce matin de Stéphane Guillon sur France Inter (désolée, je n'arrive pas à insérer le MP3 du son !)
www.radiofrance.fr/franceinter/chro/lesevadesdufou/



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Vendredi 22 février 2008


Ça sent le papier perso, qui n’est pas écrit pour avoir de l’intérêt pour les autres mais pour servir de défouloir !


Depuis une semaine, je suis complètement charrette sur un boulot (d’ailleurs les publications sur mon blog s’en sont méchamment ressenties). Une expo pour un salon qui aura lieu mi-mars. Donc on s’approche dangereusement du moment où il va falloir passer en fabrication, seulement on n’arrive pas à boucler.
On (précision Le Glaude, un graphiste, et moi) a galéré pour valider la maquette de base, les textes et pour récupérer tous les éléments à faire figurer sur les modules d’expo. Puis ça y est cette semaine on a pu se lancer et tout maquetter. Mercredi soir, on était tout fier, on avait assuré comme des bêtes. Les PDF avaient circulé entre nous à toute vitesse, pas de perte de temps en coup de fils tout s’était passé nickel.
Première série de corrections provenant du client, rien de grave, des petites corrections de texte, des changements de photos et quelque petits ajustements. On est reparti, on a enchaîné les modifs, vérifications et BàT client.

Seulement voilà que la deuxième série de corrections arrive et c’est là que ça se gâte. Des trucs de dingues. Explication : la première vérification a été faite par l’assistante du client et la seconde par le chef de projet lui-même. Et là grosse différence, tout a été calculé, mesuré, analysé : attention les photos doivent être absolument en face du texte qui parle du sujet et surtout ne pas dépasser sur un autre bloc texte sinon on peut avoir des problèmes de compréhension. Toutes les photos doivent être à la même taille ! Et puis la hiérarchie dans les blocs d’information périphérique n’est pas bonne : ceux-là c’est une info liée au texte donc c’est cette présentation, celle-ci c’est une info complémentaire moins proche du sujet donc une autre présentation et pour les illus ce serait mieux sur fond orange plutôt que blanc ! Non seulement je ne suis pas d’accord (Le Glaude non plus) mais en plus cela nous fait tout refaire ! J’essaie de discuter, j’explique nos raisons de tenir à cette présentation : imaginez une BD avec des cases toutes à la même taille et pas une bulle qui dépasse ! Mortel ! La réponse c’est en gros : «vous faites ce que je vous demande, le client c’est moi».

Ok.
On rebosse le truc pour essayer d’intégrer les remarques tout en sauvant notre créa. Bon on est reparti sur les BàT. On commence à fatiguer. Cela fait quatre jours que tout le reste passe au second plan, qu’on bosse non-stop sans pause blog, réunion Tupperware avec les copines et tout et tout. Ce matin à 11 heures, pas de nouvelles de Le Glaude. Pas l’ombre d’un petit mail. Je lui envoie un message : «est-ce que j’aurai de tes nouvelles aujourd’hui ?» Pas de réponse. Je prends mon téléphone. Une voix pâteuse au bout du fil. «Tu vas bien ?» «Ouais, je t’envoie les PDF.» Je commence à être gavée par ce dossier mais je m’y recolle et je re-vérifie que les corrections sont faites et que je peux envoyer les nouveaux BàT au client. On a déjà deux jours de retard, j’ai du rappeler les copains de la chaîne : l’imprimeur des panneaux et l’atelier qui fera tous les montages. Ok tout le monde décale les plannings.

En milieu d’après-midi, les nouveaux retours arrivent de chez le client. Cette fois-ci c’est le délire. Les photos que l’on a mis à la même dimension, sont trop petites ! Les photos doivent être centrées sur les blocs textes mais les espaces entre les différents blocs doivent être les mêmes sachant que les blocs texte n’ont pas la même taille…(vous suivez ?) Bref cela se transforme en casse-tête géant (et surtout totalement absurde). Je fais des efforts surhumains pour ne pas hurler « vous vous foutez de nous ou quoi ? ». Je sens que la migraine commence à germer dans mon cerveau. J’imagine la tête de Le Glaude quand je vais lui parler des nouvelles lubies du client (tu vois certainement ce que je veux dire cochon !). De nouveau je tente le compromis ou plutôt je tente de lui dire que c’est complètement débile sans le dire ouvertement (ça sera sûrement la prochaine étape). «Il me semble que l’on commence à dériver. Il y a un moment où il faut passer au BàT, on est déjà hors délais.» «Vous aurez votre BàT quand je jugerai que les panneaux sont bons.»

Il est très cool comme mec.
Il n’y avait donc pas à discuter, le coup de «c’est moi le client», il me l’avait déjà fait (voir plus haut). Je n’ai donc plus rien ajouté. Puis il a terminé par un «bon et bien à lundi, moi je pars dans cinq minutes (donc à 16 heures), mais vous pouvez continuer à m’envoyer les nouveaux BàT».

Et là, contre toute attente, il ne m’a pas achevée, il m’a libérée.
Je me suis dit «Eh bien si tu t’en fous, moi aussi.». J’ai fermé ce dossier, je n’ai rien dit à Le Glaude de ces nouvelles corrections et je lui ai fait un mail «on voit le reste lundi». Lui en brave travailleur, il a continué à m’envoyer les derniers panneaux. Moi je me suis occupée de mes chers et gentils petits clients que j’avais laissés tomber pendant toute cette semaine.


Après j’ai fait une petite séance de relaxation, et là j’ai eu envie de finir à évacuer tout ce stress en écrivant ce papier. Et maintenant mon chéri vient de rentrer du boulot et on va aller se boire un bon petit verre.

Vive le week-end, on reprendra tout ce bazar lundi et ça ira certainement beaucoup mieux !


BàT = Bon à Tirer, c’est-à-dire bon à imprimer.


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Dimanche 10 février 2008
La Maison Blanche a annoncé que les Etats-Unis pourront utiliser à l’avenir la simulation de noyade pendant les interrogations de personnes soupçonnées de terrorisme

"Michael L. travaille pour la CIA dans une base secrète aux USA. Il occupe un poste sans responsabilité à un faible niveau de la hiérarchie. Il est « opérateur en simulation de noyade ».
A la fin de sa journée, il rentre à la maison retrouver sa femme et ses deux fils.

- Ah quelle journée : dix simulations aujourd’hui. Deux y sont restés. Mais qu’est-ce que tu veux faire ? Y’a de ces têtes de pioche. C’est de leur faute, ils ne veulent pas parler. Ils le connaissent le risque.
Sa femme, Debby lui sort une bière.
- Et ta prime ?
- T’inquiète pas je reste quand même bon sur les pourcentages de pertes autorisées.
En lui posant un baiser sur les cheveux, il ajoute : Tu l’auras ton jacuzzi.
- T’as entendu les déclarations d’Amnesty International ? Ils disent que vous êtes des bourreaux, des assassins.
- Ah ces communistes, ces terroristes ! Tu parles ces trucs là c’est noyauté par des pays complices du terrorisme, par les européens avec leurs belles paroles. Michael frappa du poing sur la table. Nous, on est en guerre et comme dit le Chef on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs. T’en tue dix, y’en a cent qui descendent des montagnes. On défend le drapeau, la démocratie.
Michael finit sa canette.
- Crois-moi c’est pas facile. Ils se débattent les bougres. De vrais démons. Des fois j’en ai des crampes dans les bras de leur tenir la tête sous l’eau. Tiens tu te rappelles de celui qui m’avait écorché le bras. Même avec les chaînes ils sont dangereux. J’te l’ai arrangé mon vieux celui-là. Par les cheveux que j’l’ai pris…
Michaël se lève et mime la scène.
- Moins fort les enfants jouent à côté. Ils sont encore trop petits pour ce genre de chose.
- Mais attends qu’ils grandissent, je leur dirai ce qu’il fait leur Papa pour qu’ils puissent vivre en paix. On va tous les tuer ces chiens.

C’est tous les soirs comme ça, Michaël raconte sa journée et s’énerve. Debby est fière de son mari mais elle s’inquiète. Il a changé. Il est devenu très agressif. Il est anxieux aussi. Il doit prendre des somnifères pour dormir. Et puis il y a ses cauchemars…

« Michaël n’en peut plus cela fait deux heures qu’il s’acharne sur TA451. Il le connaît bien, ce n’est pas la première fois qu’il l’a au bac. Celui-là, il est coriace. Il n’est pas facile à casser. Il le défit avec son regard noir de haine. Ah si il n’avait pas les chaînes sûr qu’il lui sauterait à la gorge. Il serait même capable de lui sectionner la carotide avec les dents. Ca c’est vu. Ce sont de vrais animaux, des barbares. Mais cette fois-ci Michaël oscille entre la colère et la peur. Il sent que l’autre ne veut pas lâcher . Il a crié un truc dans sa langue avant de plonger la tête sous l’eau. C’est un mauvais présage. Michaël craint de devoir aller jusqu’au bout avec lui. Pourquoi font-ils ça ? Ils ont seulement à parler. Pourquoi est-ce qu’ils résistent, merde. Ce con ne se débat même pas. Michaël le sent mal. Il aime pas les sentir devenir tout mou, sentir leurs jambes se dérober et devoir les sortir de l’eau. Et surtout voir leur visage. Et leurs yeux. Leurs yeux grand ouverts. Des yeux immenses qui le regardent. »

Michaël hurle. Debby le secoue. Il se réveille. Il est  couvert de sueur.
- Je l’ai encore vu Debby. Il me regarde à travers leurs yeux.Dieu n’approuve pas ce que nous faisons. Lui seul choisit l’heure de la mort des Hommes.
- Ce ne sont pas des hommes, ce sont des infidèles.
- Je ne sais pas. Quand ils me regardent…Je ne sais plus.
Michaël s’effondre en larmes.
- Tu es sous pression ces derniers temps. Tu iras en parler au Révérend dimanche. Tu verras il saura trouver les mots pour te rassurer.

Elle ne sait pas ce que c’est, Debby, que de tenir la vie d’un homme entre ses mains et de décider de le la lui prendre. Ce n’est pas humain. "
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