Vendredi 4 avril 2008

Fiction en cours d'écriture - brouillon 1



Je quittai le bureau le dernier. Pas parce que je faisais partie de la race des forçats du travail, des laborieux ou des ambitieux mais plutôt parce que j'aimais la tranquillité du soir, le silence des couloirs et la douceur de mon sous-main en cuir. Je tirai la porte comme on referme une boite à secrets. Combien d’histoires de faillites, de successions houleuses, de sordides confidences restaient prisonnières de ces murs ? Une couche épaisse de détresse, de honte et de misère humaine restait là bien cachée – bien gardée. Secret professionnel. Plus le temps passait et plus je prenais conscience de ces fils invisibles, impalpables mais pourtant bien réels qui me liaient à mes clients. Des liens qui les rendaient fidèles et haineux. Pris en otage par tout ce que je connais d’eux et de leur Vérité. Qui aime réellement être mis à nu ? Le masque n’est-il pas plus confortable ? Je connaissais leurs ruses par cœur, leurs petites mises en scène pour acheter ma pitié, leurs cadeaux pour flatter ma mansuétude. Mais pire qu’au confessionnal, on ne transige pas avec son banquier. Je sortis la clé de la serrure et partis sans me retourner.

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Mercredi 2 avril 2008


Fiction en cours d'écriture, brouillon 2.




Mes yeux ne pouvaient se détacher de la lourde montre en acier qu’il faisait tourner autour de son poignet. Son sourire me glaçait le sang. Plus il souriait et plus je sentais la menace se rapprocher. Notre filiale se traînait en queue de peloton. Les indicateurs étaient au rouge et lui, Gomez, il allait nous aider à redevenir « gagnants ». Je ne parvenais pas à l’écouter ; les paroles de l’urologue résonnaient encore dans ma tête :  « cela arrive souvent chez les personnes ayant eu ce type d’opération ». Elle ne m’en avait jamais parlé.
Gomez avait la peau trop blanche et le poil trop noir, même rasé de près, le bas de son visage restait verdâtre. Il n’était pas du genre à aimer les gosses de riches. Et je le comprenais. Lui, il avait dû travailler dur pour arriver à ce stade de la hiérarchie. Immigré portugais, sa mère devait être femme de ménage et son père maçon. Il était fier et certain d’être le meilleur. Sûr qu'elle le regardait devait le regarder avec les yeux de l’amour, la maman Gomez, pour lui avoir transmis tant d’assurance. Il allait se le farcir ce bourge, ce gros con, incapable et soi-disant indéboulonnable.




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Mardi 1 avril 2008


Il ne s’agit pas du choix de la couleur du papier peint pour la chambre du bébé, ni même de la lecture d’une échographie de mon utérus. Mais du nouvel amour de Marie.

Après 5 ans de filles, elle reprend du garçon ! Qu’a t’il de plus que les filles, qu’a t’il de plus que les autres (garçons) ?
Suite à ses derniers essais concernant la gente masculine, elle avait décrété que ce n’était vraiment plus fait pour elle : trop de poils, trop de muscles et même peu être aussi trop de… pénis (restons correct) ! Alors celui-là ? Est-il imberbe, ramollo et émasculé ? Un eunuque quoi. Non, je ne sais pas, je ne l’ai pas encore vu. Aux dires de Marie, il est beau, intelligent, sensible, attentionné et tout et tout…Cela doit être un extra-terrestre.

Mais d’où nous vient la préférence de l’un ou l’autre sexe ? Est-ce génétiquement inscrit en nous ? Est-ce que si j’essayais de vivre (je ne parle même pas de relations sexuelles) avec une femme, ce serait mieux qu’avec un homme ? Est-ce la personne qui compte ou le sexe ?

En ce qui me concerne, j’aime les hommes ! (oh pardon chéri, j’aime MON homme, au cas où tu lirais mon blog en cachette !). Je suis assez d’accord pour dire, qu’en général, ils ne fonctionnent pas comme nous (les femmes). La plupart, au vu des recoupements très sérieux faits entre les témoignages de mes différentes copines, sont mal organisés, vivent comme des gamins gâtés (la faute à leur mère !), ne peuvent pas penser à plusieurs choses en même temps, etc. ,etc. .
Et pourtant, malgré les agacements que cela provoque au quotidien, j’aime cette différence. J’aime que mon homme veuille me voir en jupe (même si je râle quand il me dit avec déception : « ah, tu n’as pas mis de jupe ») car pour lui, les pantalons, c’est pour les mecs. J’aime qu’il s’imagine pleins de trucs sur les mystères de la féminité. J’aime quand il frémit en rentrant dans une boutique de lingerie pour me faire un cadeau. J’aime l’idée qu’il se fait de la Femme. J’aime qu’il me regarde comme une icône.
Etre avec une femme, n’est-ce pas trop fusionnel ? Une relation de miroir qui peut devenir dangereuse pour soi, pour sa propre identité. J’ai toujours mal vécu les amies qui voulaient m’engloutir dans trop de proximité, le fameux « on est pareil » des petites filles.

Qu’est-ce qui fait la différence dans l’attirance que l’on a pour un homme ou pour une femme ? Est-ce l’instinct de reproduction qui a conduit depuis des milliers d’années à pousser la plupart des hommes et des femmes vers leur sexe opposé ?

Mais l’amour ? Quand est né le sentiment amoureux chez l’Homme ?

Fille ou garçon, ce n’est peut-être pas la bonne question.
L’important est de faire une rencontre suffisamment belle pour avoir envie de continuer la route ensemble.
Bonne chance Marie et envoie moi vite des photos.


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