Vendredi 22 février 2008
Ça sent le papier perso, qui n’est pas écrit pour avoir de l’intérêt pour les autres mais pour servir de défouloir !
Depuis une semaine, je suis complètement charrette sur un boulot (d’ailleurs les publications sur mon blog s’en sont méchamment ressenties). Une expo pour un salon qui aura lieu mi-mars. Donc on s’approche dangereusement du moment où il va falloir passer en fabrication, seulement on n’arrive pas à boucler.
On (précision Le Glaude, un graphiste, et moi) a galéré pour valider la maquette de base, les textes et pour récupérer tous les éléments à faire figurer sur les modules d’expo. Puis ça y est cette semaine on a pu se lancer et tout maquetter. Mercredi soir, on était tout fier, on avait assuré comme des bêtes. Les PDF avaient circulé entre nous à toute vitesse, pas de perte de temps en coup de fils tout s’était passé nickel.
Première série de corrections provenant du client, rien de grave, des petites corrections de texte, des changements de photos et quelque petits ajustements. On est reparti, on a enchaîné les modifs, vérifications et BàT client.
Seulement voilà que la deuxième série de corrections arrive et c’est là que ça se gâte. Des trucs de dingues. Explication : la première vérification a été faite par l’assistante du client et la seconde par le chef de projet lui-même. Et là grosse différence, tout a été calculé, mesuré, analysé : attention les photos doivent être absolument en face du texte qui parle du sujet et surtout ne pas dépasser sur un autre bloc texte sinon on peut avoir des problèmes de compréhension. Toutes les photos doivent être à la même taille ! Et puis la hiérarchie dans les blocs d’information périphérique n’est pas bonne : ceux-là c’est une info liée au texte donc c’est cette présentation, celle-ci c’est une info complémentaire moins proche du sujet donc une autre présentation et pour les illus ce serait mieux sur fond orange plutôt que blanc ! Non seulement je ne suis pas d’accord (Le Glaude non plus) mais en plus cela nous fait tout refaire ! J’essaie de discuter, j’explique nos raisons de tenir à cette présentation : imaginez une BD avec des cases toutes à la même taille et pas une bulle qui dépasse ! Mortel ! La réponse c’est en gros : «vous faites ce que je vous demande, le client c’est moi».
Ok.
On rebosse le truc pour essayer d’intégrer les remarques tout en sauvant notre créa. Bon on est reparti sur les BàT. On commence à fatiguer. Cela fait quatre jours que tout le reste passe au second plan, qu’on bosse non-stop sans pause blog, réunion Tupperware avec les copines et tout et tout. Ce matin à 11 heures, pas de nouvelles de Le Glaude. Pas l’ombre d’un petit mail. Je lui envoie un message : «est-ce que j’aurai de tes nouvelles aujourd’hui ?» Pas de réponse. Je prends mon téléphone. Une voix pâteuse au bout du fil. «Tu vas bien ?» «Ouais, je t’envoie les PDF.» Je commence à être gavée par ce dossier mais je m’y recolle et je re-vérifie que les corrections sont faites et que je peux envoyer les nouveaux BàT au client. On a déjà deux jours de retard, j’ai du rappeler les copains de la chaîne : l’imprimeur des panneaux et l’atelier qui fera tous les montages. Ok tout le monde décale les plannings.
En milieu d’après-midi, les nouveaux retours arrivent de chez le client. Cette fois-ci c’est le délire. Les photos que l’on a mis à la même dimension, sont trop petites ! Les photos doivent être centrées sur les blocs textes mais les espaces entre les différents blocs doivent être les mêmes sachant que les blocs texte n’ont pas la même taille…(vous suivez ?) Bref cela se transforme en casse-tête géant (et surtout totalement absurde). Je fais des efforts surhumains pour ne pas hurler « vous vous foutez de nous ou quoi ? ». Je sens que la migraine commence à germer dans mon cerveau. J’imagine la tête de Le Glaude quand je vais lui parler des nouvelles lubies du client (tu vois certainement ce que je veux dire cochon !). De nouveau je tente le compromis ou plutôt je tente de lui dire que c’est complètement débile sans le dire ouvertement (ça sera sûrement la prochaine étape). «Il me semble que l’on commence à dériver. Il y a un moment où il faut passer au BàT, on est déjà hors délais.» «Vous aurez votre BàT quand je jugerai que les panneaux sont bons.»
Il est très cool comme mec.
Il n’y avait donc pas à discuter, le coup de «c’est moi le client», il me l’avait déjà fait (voir plus haut). Je n’ai donc plus rien ajouté. Puis il a terminé par un «bon et bien à lundi, moi je pars dans cinq minutes (donc à 16 heures), mais vous pouvez continuer à m’envoyer les nouveaux BàT».
Et là, contre toute attente, il ne m’a pas achevée, il m’a libérée.
Je me suis dit «Eh bien si tu t’en fous, moi aussi.». J’ai fermé ce dossier, je n’ai rien dit à Le Glaude de ces nouvelles corrections et je lui ai fait un mail «on voit le reste lundi». Lui en brave travailleur, il a continué à m’envoyer les derniers panneaux. Moi je me suis occupée de mes chers et gentils petits clients que j’avais laissés tomber pendant toute cette semaine.
Après j’ai fait une petite séance de relaxation, et là j’ai eu envie de finir à évacuer tout ce stress en écrivant ce papier. Et maintenant mon chéri vient de rentrer du boulot et on va aller se boire un bon petit verre.
Vive le week-end, on reprendra tout ce bazar lundi et ça ira certainement beaucoup mieux !
BàT = Bon à Tirer, c’est-à-dire bon à imprimer.
publié dans :
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LA PLUME D'ECRIVAINS
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