Jeudi 15 mai 2008


Depuis les premiers papiers et reportages réalisés par les journalistes sur ce qu’ils ont appelé les «émeutes de la faim», je ressens comme un malaise. En fait certaines populations meurent de faim non pas parce qu’il n’y a rien à manger mais parce que les prix des denrées alimentaires ont tellement flambé qu’ils n’ont plus les moyens de s’acheter de quoi se nourrir. Pour reprendre les propos d’une personne représentant une ONG : « vous pouvez avoir des personnes mourant à côté d’un entrepôt plein de nourriture ». Je dois dire que cette vision m’est difficilement supportable.

Et voilà qu’un nouveau (pour moi) concept me tombe sur le coin de la figure : la notion d’indépendance alimentaire. Je connaissais l’indépendance énergétique et bien aujourd’hui j’apprends que nous allons aussi nous mettre à nous battre pour la bouffe ! Et ce n’est pas de la SF, c’est maintenant. Cela me fait froid dans le dos. Les spécialistes le martèlent : certains pays l’ont bien compris, l’indépendance alimentaire est très importante, c’est le cas des Etats-Unis par exemple. Quant aux Chinois, ils y travaillent également.

Et nous alors ? En France, nous sommes aussi indépendants, cela veut dire que notre population est auto-suffisante au niveau alimentaire, pas besoin des autres pays pour se nourrir. Ouf ! J’étais prête à faire des réserves. Mais ce n’est pas le cas de la Grande Bretagne par exemple.
D’où l’intérêt de subventionner l’agriculture. En même temps, c’est à cause de gros subventionneurs comme les Européens et les Américains que les Africains ne réussissent pas à développer leur agriculture. Mais alors que faire ?

L’OMC propose que ceux qui subventionnent trop baissent leurs aides et soutiennent les pays en difficulté afin qu’ils puissent réorganiser leur agriculture et faire ainsi bénéficier leur population de prix plus bas.
Mais alors certains de s’indigner : attends, on a déjà pas de pétrole alors laissez nous avoir au moins des patates ! Ce débat est très complexe et nous ne détenons pas toutes les clés. Forcément, il faut chercher à qui profite le crime - c’est bien le cas de le dire. Il y aurait quatre grandes multinationales qui détiendraient la majorité du marché des céréales. A mon avis, eux ne doivent pas mourir de faim mais plutôt de cholestérol !

Je me sens bien impuissante devant ce grand monopoly mondial de la bouffe. Mais depuis que je suis ces débats, je regarde avec plus de sympathie mes agriculteurs, même si ils ont commencé à gaspiller des tonnes d’eau en arrosant leurs champs de maïs en plein midi, et je me dis qu’un jour il faudra peut-être que je transforme ma pelouse en potager !


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Vendredi 9 mai 2008


A quand un ramassage des déchets ménagers en cheval dans Paris ?

La bonne odeur du crottin donnerait un petit air de campagne à la capitale. Selon des chiffres présentés en octobre 2007 lors du 5e congrès des chevaux territoriaux à Trouville-sur-Mer (Calvados), 70 villes françaises, de toutes tailles, font appel au cheval pour des tâches allant de la collecte de déchets à l'arrosage des espaces verts (contre une quinzaine en 2001).

Et cela ne va pas s’arrêter là. Les Haras nationaux et SITA, filiale de Suez spécialiste des déchets et de la propreté, ont signé un partenariat. Ils veulent étendre la collecte des déchets et le nettoiement des villes effectués à l'aide de voitures à cheval.

Merci à l’augmentation du coût du pétrole.

Nombreux sont les maires qui ont repris la calculette. L’aspect écologique du cheval pouvait apparaître comme un bel argument électoral mais la mise en pratique n’était pas encore réellement effective. Aujourd’hui, le prix de l’énergie permet de reconsidérer l’affaire sous un angle plus économique. Durant ce congrès, Olivier Linot, président de la commission nationale de développement des chevaux territoriaux, a expliqué que le cheval ou l'âne était plus économique pour la ville que tout autre moyen de transport : le percheron revient mois cher qu'une voiture ou un petit camion. Selon lui, le cheval permettrait de ramasser près de 150 tonnes de verre usagé par an, mais aussi du carton et des piles, pour un investissement de 9.400 euros, contre 22.800 euros pour un camion non polluant et 13.700 pour un camion classique.

Dans ce contexte, la société SITA, filiale de Suez et les Haras nationaux ont annoncé le 5 mai leur partenariat pour la collecte des déchets à l'aide de voitures «hippomobiles». La convention de partenariat a pour but de professionnaliser l'usage des équidés dans la collecte des déchets et le nettoiement des villes.

A quand les transports communs en calèche ?




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Mardi 6 mai 2008



Comme chaque année, les magazines recommencent avec leurs régimes miracle. Les femmes subissent une réelle dictature de l’image. Mais qui nous impose ces stéréotypes ?
Les femmes se les imposent-elles elles-mêmes ? Ont-elles trop joué à la Barbie pour vouloir ressembler à la célèbre poupée-mannequin ? Veulent-elles séduire ou se séduire ?
Et pour cela jusqu’où sont-elles prêtes à aller ?


Assez loin ! Une émission de télé hallucinante est là pour nous le prouver : Miss Swan.
Le concept est très simple : recruter des femmes qui se sentent mal dans leur peau et leur redonner la joie de vivre grâce à une transformation physique en profondeur. Une équipe de chirurgiens esthétiques, un coach sportif et une psychologue s’occupent des candidates.

Avec beaucoup de mise en scène, ces femmes (cela se passe aux USA) expliquent que leur vie est un enfer : elles ont une très mauvaise image d’elles-mêmes et n’ont pas confiance en elles. Elles mettent donc tous leurs espoirs dans cette émission qui doit les transformer et leur apporter le bonheur.
Pour transformation, il y a transformation ! Systématiquement le nez est refait, les dents, les seins et en avant la liposuccion, il y a même des remodelages complets du visage. On suit toutes les étapes. Elles ne parlent pas de leurs souffrances physiques (certainement pour ne pas décourager les futures candidates) mais on imagine que cela ne doit pas être une partie de plaisir étant donné le nombre d’interventions qu’elles subissent et ceci en un temps record.

A la fin de l’émission, la candidate, qui ne s’est jamais vue dans un miroir pendant toute la transformation (!), est présentée à l’équipe et invitée à se découvrir. Elles sont toutes refaites sur le même moule : des Barbies, maquillées, affublées de longues robes de soirée (à l’américaine) et d’une chevelure opulente déferlant sur leurs épaules. En se voyant, elles poussent des cris de joies : Oh mon Dieu, que je suis belle ! Elles ont l’air vraiment heureuses. Heureuses de voir ce reflet si flatteur.

Mais où sont-elles passées ? Vous allez dire : c'est pas important car de toute façon elles ne s’aimaient pas ! Mais comment leurs proches vivent-ils cette transformation, cette mutation ? Le mari est peut-être fier (c’est ce qu’il nous laisse croire, en fait il flippe en pensant maintenant qu’elle est plus moche, elle va me quitter), et les enfants reconnaissent-ils leur mère ? Je suis sceptique. N’est-il pas déstabilisant de changer de tête, de corps ? Aussi radicalement aussi rapidement. Est-ce que l’on sait encore qui on est ?
Une autre question m’est venue à l’esprit : et comment ça vieilli tout ça ? Dans 2 ou 5 ans comment seront les Miss Swan ? Auront-elles repris tous leurs kilos et reperdu toute cette belle confiance qu’elles avaient regagnée ? 

Je n’applaudis pas des deux mains en voyant ce bonheur qui me paraît si superficiel et si fugace. Je trouve même cette émission terriblement cruelle. On prend des pauvres femmes, on les transforme sans qu’elles aient leur mot à dire et on les « relâche » comme ça dans la nature. Qu’est-ce que cela donne psychologiquement ? Jusqu’où peut bien aller cette dictature de l’image ? Jusqu’à se perdre complètement ?


Forte de cette démonstration, je m’assume et je dis non à la dictature de l’image.
Ouais enfin c’est plus facile à dire qu’à faire, moi aussi j’aime pas me voir boudinée dans mes jeans. Y’a du boulot…

Pour maigrir ou pour s’affranchir ?




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Vendredi 2 mai 2008

Source Géo - avril 2008


Pétrole, mines, bois, BTP…les Chinois sont sur tous les fronts. Ils seraient déjà 500 000 en Afrique contre 110 000 Français. Selon le ministère chinois du commerce, les échanges Chine-Afrique ont été multipliés par cinq entre 2001 et 2006. La Chine vient de prendre la place de la France comme second partenaire commercial de l’Afrique (après les Etats-Unis).

Qu’est-ce qui explique cela ?
Plusieurs choses, d’abord les chinois n’ont pas peur de se retrousser les manches et surtout de faire venir leur propre main d’œuvre surexploitée travailler sur place. Certains Etats imposent tout de même des quotas d’ouvriers originaires du pays, mais cela ne se passe pas toujours bien «sur le chantier du barrage d’Imboulou, à deux cents kilomètres au nord de Brazzaville, ils sont quatre cents techniciens et ouvriers qualifiés chinois pour encadrer un millier de travailleurs congolais. Problème : le chantier a pris du retard car les Africains sont si mal payés – moins de deux euros par jour -, qu’ils abandonnent le travail dès qu’ils trouvent un job mieux rémunéré. L’ingénieur Wang Wei, qui dirige le chantier s’est plaint aux autorités congolaises, réclamant sans scrupules, la mise à disposition de prisonniers» . Grâce à cela, ils pratiquent des prix cassés et bouclent des chantiers en des délais records pour la gloriole personnelle des Chefs d’Etat mégalos.
Ensuite les Chinois s’y connaissent en pots-de-vin et en prêts pour financer leurs propres chantiers. Quelques détournements de prêts provoquent bien quelques crises diplomatiques par ci ou par là - deux milliards de dollars sur sept prêtés par Pékin à l’Angola pour des travaux se sont évaporés (!) entre 2004 et 2006 – mais globalement Chefs d’Etat africains et chinois arrivent à s’entendre.

En effet, ils sont bien d’accord sur un point : la démocratie est un fléau. La «non-ingérence» est le maître mot du discours idéologique qui accompagne la présence chinoise en Afrique. La Chine soutint – entre autre – des régimes dictatoriaux comme celui de Robert Mugabe au Zimbabwe ou celui d’Omar al-Bachir au Soudan, accusé de crime contre l’humanité au Darfour. La possible complicité de la Chine dans le massacre de 200 000 civils au Darfour aurait conduit Spielberg à refuser de mettre en scène l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin.


Evidemment, les occidentaux n’ont pas fait mieux ! Combien de dictateurs sanguinaires avons-nous soutenu ? Combien de richesses avons-nous pillées ?

Mais avec les Chinois, on a l’impression que le pillage est démultiplié : la forêt, les mines, le pétrole…toutes les ressources de l’Afrique naviguent vers la Chine.
Que dire également de la façon dont sont traités les hommes et l’environnement ?

Les Africains, je pense aux peuples, gagneront-ils quelque chose dans cette collaboration avec les Chinois ?


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