Depuis les premiers papiers et reportages réalisés par les journalistes sur ce qu’ils ont appelé les «émeutes de la faim», je ressens comme un
malaise. En fait certaines populations meurent de faim non pas parce qu’il n’y a rien à manger mais parce que les prix des denrées alimentaires ont tellement flambé qu’ils n’ont plus les moyens
de s’acheter de quoi se nourrir. Pour reprendre les propos d’une personne représentant une ONG : « vous pouvez avoir des personnes mourant à côté d’un entrepôt plein de nourriture ». Je dois dire
que cette vision m’est difficilement supportable.
Et voilà qu’un nouveau (pour moi) concept me tombe sur le coin de la figure : la notion d’indépendance alimentaire. Je connaissais
l’indépendance énergétique et bien aujourd’hui j’apprends que nous allons aussi nous mettre à nous battre pour la bouffe ! Et ce n’est pas de la SF, c’est maintenant. Cela me fait froid dans le
dos. Les spécialistes le martèlent : certains pays l’ont bien compris, l’indépendance alimentaire est très importante, c’est le cas des Etats-Unis par exemple. Quant aux Chinois, ils y
travaillent également.
Et nous alors ? En France, nous sommes aussi indépendants, cela veut dire que notre population est auto-suffisante au niveau alimentaire, pas
besoin des autres pays pour se nourrir. Ouf ! J’étais prête à faire des réserves. Mais ce n’est pas le cas de la Grande Bretagne par exemple.
D’où l’intérêt de subventionner l’agriculture. En même temps, c’est à cause de gros subventionneurs comme les Européens et les Américains que
les Africains ne réussissent pas à développer leur agriculture. Mais alors que faire ?
L’OMC propose que ceux qui subventionnent trop baissent leurs aides et soutiennent les pays en difficulté afin qu’ils puissent réorganiser leur
agriculture et faire ainsi bénéficier leur population de prix plus bas.
Mais alors certains de s’indigner : attends, on a déjà pas de pétrole alors laissez nous avoir au moins des patates ! Ce débat est très
complexe et nous ne détenons pas toutes les clés. Forcément, il faut chercher à qui profite le crime - c’est bien le cas de le dire. Il y aurait quatre grandes multinationales qui détiendraient
la majorité du marché des céréales. A mon avis, eux ne doivent pas mourir de faim mais plutôt de cholestérol !
Je me sens bien impuissante devant ce grand monopoly mondial de la bouffe. Mais depuis que je suis ces débats, je regarde avec plus de
sympathie mes agriculteurs, même si ils ont commencé à gaspiller des tonnes d’eau en arrosant leurs champs de maïs en plein midi, et je me dis qu’un jour il faudra peut-être que je transforme ma
pelouse en potager !
A quand un ramassage des déchets ménagers en cheval dans Paris ?
La bonne odeur du crottin donnerait un petit air de campagne à la capitale. Selon des chiffres présentés en octobre 2007 lors du 5e
congrès des chevaux territoriaux à Trouville-sur-Mer (Calvados), 70 villes françaises, de toutes tailles, font appel au cheval pour des tâches allant de la collecte de déchets à l'arrosage des
espaces verts (contre une quinzaine en 2001).
Et cela ne va pas s’arrêter là. Les Haras nationaux et SITA, filiale de Suez spécialiste des déchets et de la propreté, ont signé un
partenariat. Ils veulent étendre la collecte des déchets et le nettoiement des villes effectués à l'aide de voitures à cheval.
Merci à l’augmentation du coût du pétrole.
Nombreux sont les maires qui ont repris la calculette. L’aspect écologique du cheval pouvait apparaître comme un bel argument
électoral mais la mise en pratique n’était pas encore réellement effective. Aujourd’hui, le prix de l’énergie permet de reconsidérer l’affaire sous un angle plus économique. Durant ce congrès,
Olivier Linot, président de la commission nationale de développement des chevaux territoriaux, a expliqué que le cheval ou l'âne était plus économique pour la ville que tout autre moyen de
transport : le percheron revient mois cher qu'une voiture ou un petit camion. Selon lui, le cheval permettrait de ramasser près de 150 tonnes de verre usagé par an, mais aussi du carton et des
piles, pour un investissement de 9.400 euros, contre 22.800 euros pour un camion non polluant et 13.700 pour un camion classique.
Dans ce contexte, la société SITA, filiale de Suez et les Haras nationaux ont annoncé le 5 mai leur partenariat pour la collecte des
déchets à l'aide de voitures «hippomobiles». La convention de partenariat a pour but de professionnaliser l'usage des équidés dans la collecte des déchets et le nettoiement des villes.
A quand les transports communs en calèche ?
Source Géo - avril 2008
Pétrole, mines, bois, BTP…les Chinois sont sur tous les fronts. Ils seraient
déjà 500 000 en Afrique contre 110 000 Français. Selon le ministère chinois du commerce, les échanges Chine-Afrique ont été multipliés par cinq entre 2001 et 2006. La Chine vient de prendre la
place de la France comme second partenaire commercial de l’Afrique (après les Etats-Unis).
Qu’est-ce qui explique cela ?
Plusieurs choses, d’abord les chinois n’ont pas peur de se retrousser les manches et surtout de faire venir leur propre main d’œuvre surexploitée
travailler sur place. Certains Etats imposent tout de même des quotas d’ouvriers originaires du pays, mais cela ne se passe pas toujours bien «sur le chantier du barrage d’Imboulou, à deux
cents kilomètres au nord de Brazzaville, ils sont quatre cents techniciens et ouvriers qualifiés chinois pour encadrer un millier de travailleurs congolais. Problème : le chantier a pris du
retard car les Africains sont si mal payés – moins de deux euros par jour -, qu’ils abandonnent le travail dès qu’ils trouvent un job mieux rémunéré. L’ingénieur Wang Wei, qui dirige le chantier
s’est plaint aux autorités congolaises, réclamant sans scrupules, la mise à disposition de prisonniers» . Grâce à cela, ils pratiquent des prix cassés et bouclent des chantiers en des délais records pour la gloriole personnelle des Chefs d’Etat
mégalos.
Ensuite les Chinois s’y connaissent en pots-de-vin et en prêts pour financer leurs
propres chantiers. Quelques détournements de prêts provoquent bien quelques crises diplomatiques par ci ou par là - deux milliards de dollars sur sept prêtés par Pékin à l’Angola pour des travaux
se sont évaporés (!) entre 2004 et 2006 – mais globalement Chefs d’Etat africains et chinois arrivent à s’entendre.
En effet, ils sont bien d’accord sur un point : la démocratie est un fléau. La «non-ingérence» est le maître mot du discours idéologique qui accompagne la présence chinoise en Afrique. La Chine
soutint – entre autre – des régimes dictatoriaux comme celui de Robert Mugabe au Zimbabwe ou celui d’Omar al-Bachir au Soudan, accusé de crime contre l’humanité au Darfour. La possible complicité
de la Chine dans le massacre de 200 000 civils au Darfour aurait conduit Spielberg à refuser de mettre en scène l’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin.
Evidemment, les occidentaux n’ont pas fait mieux ! Combien de dictateurs sanguinaires avons-nous soutenu ? Combien de richesses
avons-nous pillées ?
Mais avec les Chinois, on a l’impression que le pillage est démultiplié : la forêt, les mines, le pétrole…toutes les ressources de
l’Afrique naviguent vers la Chine.
Que dire également de la façon dont sont traités les hommes
et l’environnement ?
Les Africains, je pense aux peuples, gagneront-ils quelque chose dans cette collaboration avec les Chinois ?
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