Vendredi 11 avril 2008


Profitez-en pour refaire un tour sur mes aventures en agence de pub, mes papiers d'humeurs ou l'expérience de mon atelier d'écriture.

Si vous connaissez déjà tout ça par coeur,

je vous ai sélectionné une vidéo de la série américaine Scrubs. Une série qui met en scène des toubib déjantés.




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Vendredi 11 avril 2008


« Dodue, café ».
Personne ne lui a jamais appris à dire « s’il te plait » ? Parfois, je fais exprès d’attendre quelques minutes avant de me lever. Je reste tout de même prudente à ce petit jeu car Vanderbreloque n’aime pas que l’on titille son autorité. Aussi a-t-il tôt fait de sanctionner tout embryon de rébellion.
En plus c’est bien ma veine, la cafetière est vide. Il faut que j’en prépare une nouvelle. Je n’ai jamais su doser le café. Allez une cuillère en plus, il vaut mieux qu’il soit un peu corsé plutôt que soit du jus de chaussettes.

Je retourne à mon bureau et je fais signe à mon boss : «il coule». « Mmmme » Cela veut peut-être dire merci !?
J’en ai assez de devoir aller lui chercher son café, il ne peut pas se déplacer comme tout le monde ! En ce moment, il est de nouveau infernal. Je n’aurais pas dû faire le café aussi fort ! Je croule sous le boulot ; même les recos et les courriers aux clients c’est moi qui les rédige. Il me tient en me promettant un poste de chef de pub, mais je crois que je suis en train de me faire berner. Eh oui qui fera son travail si je ne suis plus à son service ? C’est ça le problème. Un vrai dilemme. Si je bosse moins bien, je me fais engueuler et en plus je lui fournis une excuse en or pour me refuser un poste plus élevé. Si je continue comme ça et il n’a aucun intérêt à me lâcher. Je suis piégée. Mon téléphone sonne. Une ligne interne. « Le café est passé ». C’est Sabrina, notre mère à tous.
En fait, il faudrait que Vanderbreloque s’absente quelque temps afin que je puisse prouver que je n’ai pas besoin de lui, bien au contraire. Le problème, c’est qu’il ne part jamais en vacances.
Comment le mettre hors circuit ? Allez, je vais me servir aussi un café . CAFE ! Mais c’est ça la solution. Qu’est-ce que je pourrais lui verser dans son café pour le mettre hors d’état de nuire ?

A bien y réfléchir, j’occupe un poste stratégique pour ce genre de malversation. Cette corvée m’apparaît tout à coup beaucoup plus intéressante.




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Mardi 8 avril 2008
tea break chez Maryane


Maryane, c’est ma voisine. Elle exerce un drôle de métier : surveillante de cobayes.

Plus précisément, elle est médecin dans un laboratoire pharmaceutique et suit des personnes volontaires pour tester des médicaments. Contre rémunération intéressante, précise t’elle, je l’ai toujours soupçonnée de faire du racolage !
Elle est « du matin » ou du « soir ». Elle a donc un peu de temps libre à la maison. Ce qui nous permet de papoter entre filles autour d’un thé : nos tea breaks.

- Tu es là la semaine prochaine ?
- Oui, pourquoi ?
- Parce que je serai malade.
-  … ?
- Tobbias m’a encore monté un plan foireux. Il nous a organisé une semaine de ski avec Christina. Elle, elle est sympa mais son mec, c’est une vraie plaie. On est parti l’an dernier avec eux et cela a failli tourner au meurtre. Il est insupportable, il sait toujours tout, pire qu’un toubib ! Il est ingénieur à l’Ademe, alors il arrête pas de nous faire des leçons sur ce qui est bon ou mauvais pour l’environnement. C’est le mec qui calcule ta conso d’énergie plus vite que son ombre. Par exemple, il n’a pas de bagnole parce que cela pollue, par contre cela ne le dérange pas de monter dans la tienne. Ensuite, il n’arrête pas de surveiller ta vitesse  ; t’as pas le droit de dépasser les 110 km /heure sur l’autoroute. Pour consommer moins ! En plus il ne supporte pas les gosses. Alors t’imagines avec le p’tit gros. C’était l’enfer. Si on l’avait écouté on aurait dû le bâillonner ou le laisser sur le balcon. Eh oui, bien habillé, il aurait pris un bon bol d’air…frais. J’ai failli le pousser du télésiège une paire de fois. Alors que Tobbias me refasse le coup en douce, ça je ne peux pas l’accepter. Mais quoi, on a pas d’amis ? Pourquoi eux ?
- Tu vas faire semblant d’être malade ?
- Non, je SERAI malade. Suffisamment malade pour devoir rester à la maison. Tu peux pas savoir comme je rêve d’une semaine de solitude. Sans mec, sans gosse.
- Et c’est quoi ton plan au juste ?
- Je vais piquer un truc au labo. Mais attention, c’est top secret. C’est une molécule qui n’est pas encore commercialisable car dès que tu la prends, t’es malade comme un chien. Il suffit d’une pilule et tu montes à 40 de température, t’es à essorer et tu peux même aller jusqu’à vomir.
- C’est horrible.
- Oui, mais efficace. En trois jours s’est fini. Donc si je la prends jeudi, je suis malade vendredi, samedi et dimanche.
- C’est pas un peu extrême ? Et si tu étais vraiment malade ? Je veux dire plus gravement et plus longtemps.
- C’est pour ça que je t’ai demandé si tu partais.
- Pour t’emmener aux urgences.
- Surtout pas, t’es folle. Si quelqu’un apprend ça, je me fais virer et radier de l’Ordre même.
- Je crois que tu devrais plutôt discuter de ce problème avec Tobbias, je le sens mal le coup de la pilule.
- Je t’assure, je ne peux pas. J’ai essayé mais c’est trop tard, tout est prévu. Et puis il y a Christina, je ne veux pas faire de scandale.
- Tu préfères être malade comme un chien ?
- Oui. C’est ce que j'assumerai le plus facilement.

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Vendredi 4 avril 2008



Une carcasse à moitié dépecée repose à même le sable, sur la plage. Plus loin, des flocons jaunes de laine de verre s’éparpillent en paillettes urticantes au gré du vent. Sous un soleil de plomb, souvent pieds nus, toujours mains nues, des hommes éventrent les cargos échoués. Ils charrient les plaquent d’amiante, arrachent les blocs d’isolants, découpent les taules et tirent sur des cordes pour venir à bout des monstres mis au rebut.

C’est la filière de recyclage des cargos du Bangladesh.
 
Un démantèlement archaïque payé le prix fort par les ouvriers de la misère. L’un d’eux s’approche. Il doit avoir à peine quinze ans. Un sourire radieux et des yeux pétillants, il est fier de son travail et de l’argent qu’il ramène à sa famille. Et dans quinze ans ? Combien de substances, que l’on sait toxiques, son corps aura t’il encaissé ? A trente ans sera t’il en train de crever, sans soins et sans argent, du cancer des cargos ? Il ne sait pas encore ce qu’il encourt mais ceux qui lui font faire la sale besogne, si. Et nous aussi.



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