Mardi 13 mai 2008

tea break chez Maryane


Maryane, c’est ma voisine. Elle exerce un drôle de métier : surveillante de cobayes.
Plus précisément, elle est médecin dans un laboratoire pharmaceutique et suit des personnes volontaires pour tester des médicaments. Contre rémunération intéressante, précise t’elle, je l’ai toujours soupçonnée de faire du racolage !
Elle est «du matin» ou du «soir». Elle a donc un peu de temps libre à la maison. Ce qui nous permet de papoter entre filles autour d’un thé : nos tea breaks.


En ce moment, je trouve ma plume plutôt morose voir même un peu trop noire. Pourtant la vie est belle, pas mal de vacances et de virées sympas mais voilà ce qui sort de mon crayon ou de mon clavier n’est pas gai-gai.
J’ai donc décidé de faire un tour chez Maryane dont la vie est pour moi une source d’inspiration cocasse intarissable.
 

Il fait beau, nous nous installons sur la terrasse.

- Alors quoi de neuf depuis la dernière fois ?
J’attends avec gourmandise une de ses anecdotes dont elle seule a le secret, mais son visage s’assombrit.
- Il y a quelques mois, j’étais très anémiée alors j’ai fait des tonnes d’examens pour en trouver la cause…rien de spécial. Suite à ça, ma sœur a voulu faire aussi une colo. J’en voyais pas l’intérêt mais comme c’est une obsédée de la prévention j’ai cédé. Je l’ai envoyée chez un confrère.
Là dessus elle enchaîne sur un jargon médical totalement incompréhensible pour moi dont ressort le terme «carcicome». Je sens bien que cela n'annonce rien de bon.
- Ça veut dire quoi ?
- Elle a un cancer de l’intestin grêle et déjà pas mal avancé !
- Mais elle n'avait aucun symptôme ?
- Aucun. En plus ma frangine est totalement hypocondriaque donc c’est dépistage de tout ce qui est possible, alimentation saine, sport etc…Et dire que je me suis foutue d’elle quand elle a voulu faire cette colo !
- Et ça donne quoi ?
- Putain, c’est mauvais de chez mauvais.
Je n’ose pas déconner pour lui remonter le moral. C’est vraiment dur, quelle attitude adopter face à ce genre de nouvelle ? Je ne me sens pas très bien, je prendrais bien un petit alcool fort moi dans mon thé.
- Elle est chez un chir super, le meilleur. Maintenant y a plus qu’à voir comment se passe la chimio.

Oui, la vie, ça peut aussi être ça.
Maryane me donne encore quelques explications techniques que je ne comprends pas. Je ne l’interromps pas, c’est sa façon d’exhorter le mal. Je sens de vieilles blessures se raviver, la mort d’êtres aimés. Merde alors, comment encaisser des coups pareils ? Je n’ose pas poser la question du diagnostic vital mais Maryane connaît certainement les statistiques.

On reste muette quelques minutes, chacune dans ses pensées.
- Je suis désolée, on ne se marre pas vraiment aujourd’hui.
- Ouais, tu m’as juste pourrie la journée et la semaine à venir.

On s'est mise à philosopher sur la vie et l’importance de profiter de l’instant présent.

Alors non, mes papiers ne vont pas s’alléger.
Désolée.

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Vendredi 9 mai 2008


A quand un ramassage des déchets ménagers en cheval dans Paris ?

La bonne odeur du crottin donnerait un petit air de campagne à la capitale. Selon des chiffres présentés en octobre 2007 lors du 5e congrès des chevaux territoriaux à Trouville-sur-Mer (Calvados), 70 villes françaises, de toutes tailles, font appel au cheval pour des tâches allant de la collecte de déchets à l'arrosage des espaces verts (contre une quinzaine en 2001).

Et cela ne va pas s’arrêter là. Les Haras nationaux et SITA, filiale de Suez spécialiste des déchets et de la propreté, ont signé un partenariat. Ils veulent étendre la collecte des déchets et le nettoiement des villes effectués à l'aide de voitures à cheval.

Merci à l’augmentation du coût du pétrole.

Nombreux sont les maires qui ont repris la calculette. L’aspect écologique du cheval pouvait apparaître comme un bel argument électoral mais la mise en pratique n’était pas encore réellement effective. Aujourd’hui, le prix de l’énergie permet de reconsidérer l’affaire sous un angle plus économique. Durant ce congrès, Olivier Linot, président de la commission nationale de développement des chevaux territoriaux, a expliqué que le cheval ou l'âne était plus économique pour la ville que tout autre moyen de transport : le percheron revient mois cher qu'une voiture ou un petit camion. Selon lui, le cheval permettrait de ramasser près de 150 tonnes de verre usagé par an, mais aussi du carton et des piles, pour un investissement de 9.400 euros, contre 22.800 euros pour un camion non polluant et 13.700 pour un camion classique.

Dans ce contexte, la société SITA, filiale de Suez et les Haras nationaux ont annoncé le 5 mai leur partenariat pour la collecte des déchets à l'aide de voitures «hippomobiles». La convention de partenariat a pour but de professionnaliser l'usage des équidés dans la collecte des déchets et le nettoiement des villes.

A quand les transports communs en calèche ?




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Mardi 6 mai 2008



Comme chaque année, les magazines recommencent avec leurs régimes miracle. Les femmes subissent une réelle dictature de l’image. Mais qui nous impose ces stéréotypes ?
Les femmes se les imposent-elles elles-mêmes ? Ont-elles trop joué à la Barbie pour vouloir ressembler à la célèbre poupée-mannequin ? Veulent-elles séduire ou se séduire ?
Et pour cela jusqu’où sont-elles prêtes à aller ?


Assez loin ! Une émission de télé hallucinante est là pour nous le prouver : Miss Swan.
Le concept est très simple : recruter des femmes qui se sentent mal dans leur peau et leur redonner la joie de vivre grâce à une transformation physique en profondeur. Une équipe de chirurgiens esthétiques, un coach sportif et une psychologue s’occupent des candidates.

Avec beaucoup de mise en scène, ces femmes (cela se passe aux USA) expliquent que leur vie est un enfer : elles ont une très mauvaise image d’elles-mêmes et n’ont pas confiance en elles. Elles mettent donc tous leurs espoirs dans cette émission qui doit les transformer et leur apporter le bonheur.
Pour transformation, il y a transformation ! Systématiquement le nez est refait, les dents, les seins et en avant la liposuccion, il y a même des remodelages complets du visage. On suit toutes les étapes. Elles ne parlent pas de leurs souffrances physiques (certainement pour ne pas décourager les futures candidates) mais on imagine que cela ne doit pas être une partie de plaisir étant donné le nombre d’interventions qu’elles subissent et ceci en un temps record.

A la fin de l’émission, la candidate, qui ne s’est jamais vue dans un miroir pendant toute la transformation (!), est présentée à l’équipe et invitée à se découvrir. Elles sont toutes refaites sur le même moule : des Barbies, maquillées, affublées de longues robes de soirée (à l’américaine) et d’une chevelure opulente déferlant sur leurs épaules. En se voyant, elles poussent des cris de joies : Oh mon Dieu, que je suis belle ! Elles ont l’air vraiment heureuses. Heureuses de voir ce reflet si flatteur.

Mais où sont-elles passées ? Vous allez dire : c'est pas important car de toute façon elles ne s’aimaient pas ! Mais comment leurs proches vivent-ils cette transformation, cette mutation ? Le mari est peut-être fier (c’est ce qu’il nous laisse croire, en fait il flippe en pensant maintenant qu’elle est plus moche, elle va me quitter), et les enfants reconnaissent-ils leur mère ? Je suis sceptique. N’est-il pas déstabilisant de changer de tête, de corps ? Aussi radicalement aussi rapidement. Est-ce que l’on sait encore qui on est ?
Une autre question m’est venue à l’esprit : et comment ça vieilli tout ça ? Dans 2 ou 5 ans comment seront les Miss Swan ? Auront-elles repris tous leurs kilos et reperdu toute cette belle confiance qu’elles avaient regagnée ? 

Je n’applaudis pas des deux mains en voyant ce bonheur qui me paraît si superficiel et si fugace. Je trouve même cette émission terriblement cruelle. On prend des pauvres femmes, on les transforme sans qu’elles aient leur mot à dire et on les « relâche » comme ça dans la nature. Qu’est-ce que cela donne psychologiquement ? Jusqu’où peut bien aller cette dictature de l’image ? Jusqu’à se perdre complètement ?


Forte de cette démonstration, je m’assume et je dis non à la dictature de l’image.
Ouais enfin c’est plus facile à dire qu’à faire, moi aussi j’aime pas me voir boudinée dans mes jeans. Y’a du boulot…

Pour maigrir ou pour s’affranchir ?




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Samedi 3 mai 2008

 
Habituellement je dégaine la suppression des mails indésirables plus vite que mon ombre, et même parfois trop rapidement aussi ! Mais après plusieurs mails, intitulés «paix liturgique», je me suis quand même demandée ce que cachait une telle dénomination.
Et bien je n’ai pas été déçue du voyage :
«Quels sont à ce jour, les premiers effets du  Motu proprio Summorum Pontificum en France ?»

Vous m’en direz tant ma bonne dame ! C’est pas comme ça que vous allez en recruter des pèlerins, désolée mais mon latin est vraiment très très loin et en ce qui concerne le jargon catho j’y connais rien : complètement athée .
J’essaie quand même de poursuivre ma lecture, voici quelques bribes :

«Le Saint Père Benoît XVI n’avait d''ailleurs-t-il pas prophétisé cela en déclarant qu''il faudrait attendre trois années avant de faire un bilan des effets de ses décisions ?»
C’est donc un truc qui vient de Papy. Il ne m’est pas très sympathique celui-là. Un peu trop facho à mon goût, ce qui est un comble pour un homme d’Eglise ! Bon voilà qu’il «prophétise»…

«La progressive reconnaissance de la forme extraordinaire du rite romain dans les diocèses de France : La messe traditionnelle, longtemps bannie des diocèses et «interdite» par l''ordinaire du lieu est désormais célébrée dans dix diocèses de France où elle n'avait pas encore droit de cité jusqu’à l’été 2007.»
Désolée, je ne vais jamais à la messe sauf quand c’est obligatoire. Qu’est-ce que c’est que le «rite romain» ? Je ne sais pas pourquoi mais cela me fait penser à un vocabulaire sectaire, à des trucs pratiqués par l’OPUS DEI décrit dans le Da Vinci Code. 

«Hélas, quarante années d''apartheid liturgique ne disparaissent pas du jour au lendemain et il demeure des endroits où la paix liturgique n’est pas souhaitée. Que dire en effet de la dureté de cœur de certains évêques ? Que dire des réticences indignes de ces catholiques qui regardent avec méfiance leurs propres frères ?»
Alors là, je dois dire que je suis bluffée par l’association osée «d''apartheid liturgique». Et Papy doit aussi s'occuper des méchants garçons qui n’aiment pas leurs copains ?

Cela se termine par une liste de dates de messe que j’imagine dites selon le «rite romain», une pub pour les JMJ et quand même une petite demande de dons (les petits dons de 10 euros sont aussi les bienvenus !).

C’est pas très pro tout ça, les témoins de Jéhovah font beaucoup mieux.

Moi, j’ai rien compris au message, qu’est-ce que l’on me vend ? Qu’est ce que l’on me promet ?

Comme j’avais une série de coordonnées à la fin du courrier, j’ai répondu que je n’étais pas intéressée par les histoires de guerre de clochers et qu’ils pouvaient rayer mon adresse de leur liste, je ne faisais pas partie du troupeau.
Un message de «mail non délivré» m’est revenu.

Que voulez-vous, les voies du Seigneur sont impénétrables !


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