Jeudi 2 avril 2009 4 02 04 2009 21:25
Publié dans : les humeurs de Plume
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 31 mars 2009 2 31 03 2009 17:42

A j-3 avant le sommet de l'Otan, Strasbourg se sent comme une ville assiégée.
Le beau soleil qui incite à la promenade et à la flemmardise est gâché par les allés venues des hommes en bleu. Ils quadrillent la ville, longent les fossés de l’autoroute, survolent l’agglomération et plongent dans l’Ill sous les ponts et aux abords des péniches. A l’approche du Jour J, leur tension (et leur nombre) est montée d’un cran. Leur ministre est venue vérifier le dispositif hier : ils ne peuvent pas faillir à leur mission ! D’ailleurs, les petits jeunes qui font les malins avec leur drapeau de la paix sur le dos sont vite repérés et immédiatement interpellés pour un contrôle d’identité.
A quoi ça rime ?
Pourquoi avoir recours à ce genre d’intimidation ? La tension monte dans la ville. Les habitants sont excédés par cette police zélée qui vient troubler leur tranquillité, les pacifistes sont harcelés et les forces de l’ordre rongent leur frein.

Que démonstration de force il y ait vis-à-vis d’éventuelles attaques terroristes, soit, mais pourquoi les CRS veulent-ils toujours jouer les gros bras ? C’est le meilleur moyen de provoquer l’hostilité. Même le petit pépé du coin de la rue s’énerve « on ne sent même plus chez soi ! ».

C’est vrai que les strasbourgeois se sentent dépossédés.
Tout est géré par le ministère de l’intérieur, la Ville a du mal à savoir comment les choses vont s’organiser. Nous sommes aussi envahis par les américains qui ont installés leurs hélicoptères sur l’aéroport et aussi, paraît-il, des missiles sol-sol en périphérie de l’agglomération.


La ville étouffe. Vendredi et samedi elle sera vidée de ses habitants malgré les consignes : « il ne faut pas que Strasbourg ait l’air d’une ville morte ! ».


pour connaitre les points de distribution des drapeaux "Pace - No to Nato" : drapeaux.paix.over-blog.com

sommet et contre sommet de l'OTAN, toute l'info en temps réel sur otan-strasbourg.dna.fr



Publié dans : les humeurs de Plume - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 18 mars 2009 3 18 03 2009 12:33


Fab-Fab m’a fait suivre une patate chaude, eh oui c’est comme ça qu’on appelle les tags maintenant. Alors comme j’adore ce type de tubercule, je fais ma popote.


Questions indiscrètes sur les petites manies de lecture…


Plutôt corne ou marque-page ?
Marque-page bien sûr.
Mais rien de conventionnel à ce niveau là : ticket de bus, liste de courses, dessin des enfants, carte postale…tout y passe même les épingles à cheveux !

As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?
Oui et je dois dire que cela peut se transformer assez rapidement en cadeau empoisonné. Comme je ne peux pas jeter les livres, je me retrouve parfois encombrée de bouquins qui ne m’intéressent pas du tout. Le dernier boulet en date :  « la vie de Jane Fonda ». Si ça branche quelqu’un, c’est gratuit !

Lis-tu dans ton bain ?
Je ne prends jamais de bain. Je suis douche.

As-tu déjà pensé à écrire un livre ?
J’ai déjà commis plusieurs forfaits. Du bonheur et de l’abattement.

Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?
Pourquoi pas, si cela se justifie.
Quand je découvre un nouvel auteur, je me lance en général dans toutes ses publications (pas besoin de série pour ça). Mon dernier en date : Haruki Murakami.

As-tu un livre culte ?
Si je devais vraiment en trouver un, ce serait Fictions de Borges (j’en ai déjà parlé). C’est le seul livre que je relis de temps en temps. Disons que c’est le premier bouquin qui m’ait profondément marqué (je n’étais alors qu’une lycéenne – merci à mon prof de français de l’époque).

Aimes-tu relire ?
Non.

Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu'on a aimé ?

Je n’en éprouve pas le besoin. Je pense qu'il faut séparer l'auteur de ses écrits, comme l'artiste de son oeuvre.

Aimes-tu parler de tes lectures ?

Je ne suis pas très bavarde à ce niveau-là. Sauf si l’occasion se présente : avec certaines personnes de mon entourage avec qui je partage les mêmes goûts ou à l’atelier d’écriture.

Comment choisis-tu tes livres ?
L’air du temps, ce que j'en lis dans les Inrocks ou dans Muze, les interviews de La Lettrine…je ne sais pas exactement ce qui me pousse à l’acte !

Une lecture inavouable ?
Je m’assume.
Il y a pourtant bien un souvenir qui m’est revenu à l’esprit à la lecture de cette question : les SAS de mon père que je cachais sous mon lit d’ado.


Des endroits préférés pour lire?
Mon lit.

Un livre idéal pour toi serait ?

??? L'idéal, connais pas.

Lire par-dessus l'épaule ?
Non, je ne crois pas que je le fasse.

Lire et manger ?
Non.

Lecture en musique, en silence, peu importe ?
En silence, car de toute façon quand je suis dans un bouquin, je n’entends plus rien.

Lire un livre électronique ?
Ah non. J’aime trop avoir du papier entre les mains.

Le livre vous tombe des mains : aller jusqu'au bout ou pas ?
A une époque oui. C’est vrai que certains bouquins valent le coup d’aller jusqu’au bout. Cela m’est arrivé avec un auteur que j’aime beaucoup : John Irving. « Une prière pour Owen » était interminable, mais la fin a tout sublimé. D’autres sont restés des mois, voir plus, à côté de mon lit (je ne dis pas par terre car Cochon va hurler !).


Voilà, voilà, la patate chaude est servie,
que ceux qui ont envie de s’exprimer sur le sujet ne s’en privent pas, quelques lecteurs assidus comme 2 2 ou Iyhel ou Cochon  et bien d’autres encore….







Publié dans : à propos de Dodue - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Jeudi 26 février 2009 4 26 02 2009 08:43


Imaginer un plan de management, inventer des appellations pompeuses, argumenter suivant des théories fumeuses ce n’était pas un problème, par contre il fallait bien penser l’articulation des actions et surtout qui les mènerait. Car il était hors de question que je fasse l’imbécile dans un quelconque vêtement de sport pendu au bout d’une corde ou rampant dans la boue. Je devais tout verrouiller afin que Gomez ne me joue pas de tour de cochon. Je ne devais pas me faire prendre à mon propre jeu. Il était deux heures du matin, j’avais tout retourné dans tous les sens : le plan me semblait parfait. J’envoyai le dossier à mon adresse de bureau et éteignis l’ordinateur. En me couchant, je ne pensais qu’à une chose : dormir.

La nuit avait été bonne. Le ciel n’était pas trop bas ce matin, je traversai le parc. A cette heure matinale, je croisais les promeneurs de chien. Je verrais peut être la Dame du Parc. En effet, elle était là glissant sa frêle silhouette entre les arbres. Grande, fine et élégante, la Dame du Parc était une grand-mère magnifique. Bien qu’elle soit plus âgée que ma mère, j’aurais aimé l’appeler maman. Elle paressait si douce. Je la croisais régulièrement dans les allées, le plus souvent seule mais aussi accompagnée d’une adolescente. Ce devait être sa petite fille. Alors je les voyais bavarder gaiement bras dessus - bras dessous. Elle me fit un petit signe de la main. La matinée était belle. Un de ses instants rares durant lequel une joie inopinée vous envahit. Un petit détail, un sourire, un rayon de soleil et l’on se dit que c’est le bonheur.
Arrivé au bureau, deux clients m’attendaient sans avoir rendez-vous. Je les fis patienter le temps de relire mon dossier de management et de le transférer à un assistant RH pour une estimation budgétaire. Je fis entrer le premier. Je le connaissais bien, c’était toujours les mêmes casse-pieds qui me rendaient visite. Parce qu’ils avaient le compte en banque bien garni, ils se croyaient tout permis. Ils traitaient leur conseiller financier comme de la merde, ils n’acceptaient aucun frais bancaire, ils venaient se plaindre des impôts que l’Etat leur réclamait… Qu’est ce que c’était cette fois, une discussion d’une heure pour gagner sept euros ? Ma mère disait toujours :  « on ne s’enrichit pas avec l’argent que l’on gagne mais avec celui que l’on ne dépense pas, n’oublie jamais cela Lothaire ! ». Il leur fallait le tapis rouge et un interlocuteur de la même caste. C’est pour cela qu’on me payait.
- On me propose un placement à 8%. Vous ne faites pas ça vous ?
- Sur du long terme ?
- 5 ans minimum.
- Et les frais ?
- Un forfait.
- Combien ?
- 5.500 euros.
- A quand même…et vous placeriez combien ?
- 10 millions.
- On parle toujours en euros ?
- Tout de même !
- Qui vous propose ça ?
- Ah, ça vous intéresse, hein ! Vous savez pas faire, vous allez me dire. C’est offshore. Bon dans les frais, y’a un billet pour aller voir le site de l’investissement. C’est un pote qui fait du business aux States qui m’a mis sur le coup. C’est du solide.
- Il faudrait que je vois le dossier. Il existe beaucoup d’escroqueries offshore. C’est toujours très alléchant et au final on a tout perdu. J’en connais plus d’un qui y a laissé des plumes.
- Tous pareils les banquiers ce qui ne vient pas de chez vous est douteux.
- Alors pourquoi vous venez m’en parler ? Vous aimeriez que je vous propose quelque chose et même si c’est un peu moins de 8. Vous dormiriez mieux la nuit, n’est-ce pas ?
- Faut peser le pour et le contre. Qu’est ce que vous proposez ?
Il avait eu du mal à la sortir cette question. Mais maintenant il était ferré, je le savais. J’enchaînai avec le second client. Il revenait avec son dossier pour de nouvelles acquisitions immobilières. Il ne voulait pas que sa femme le sache. Il y avait un petit cadeau pour quelqu’un qui lui était cher dans le package. Juste le temps de consulter ma boite mail et de répondre à quelques coups de fil et la matinée était passée. Rien n’était venu altérer ma bonne humeur. En plus nous étions vendredi et le vendredi après-midi Gomez rentrait sur Paris. Ainsi depuis qu’il nous auditait, on percevait nettement une relâche le vendredi à partir de 14 heures. C’était comme si une soupape de décompression s’ouvrait. Le bourdonnement de la ruche devenait plus intense. Même enfermé dans mon bureau, je respirais ce changement d’atmosphère. Rivière était gai, il collectait les dossiers qu’il avait commandés à chacun de ses lieutenants. Il ne se cachait pas, nous étions entre nous. Tout cela me paraissait tellement ridiculement puéril. Pourtant aujourd’hui j’avais envie de me laisser porter par cette légèreté, de plaisanter avec les autres. C’était étrange comme mon rire semblait les étonner et même les inquiéter. Je ne traînai pas au bureau ce soir, j’avais envie de rentrer. Je passai chez le fleuriste et achetai un bouquet pour ma mère, c’était tout de même ma mère. Je le fis sans arrière-pensée, sans machiavélisme. Je voulais réellement lui faire plaisir.



Publié dans : brouillons - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés