Mardi 26 mai 2009 2 26 05 2009 09:23


"Au fait, on t’a pas dit : la charrette t’en fais partie…"

Satire familiale et sociétale, un spectacle qui vaut le coup. Par ces temps de crise, la caricature de la mère nourricière (L’entreprise) prend tout son sens.
Textes décapants, super musique et niveau des comédiens-chanteurs-musiciens excellents !





La chanson du DRH ("Frère animal")envoyé par frereanimal. - Regardez plus de clips, en HD


Frère animal
Arnaud Cathrine et Florent Marchet

À première vue, Frère animal est un objet musical non identifié. C’est tout d’abord un livre écrit à quatre mains par Arnaud Cathrine et Florent Marchet. C’est aussi un album composé par Florent Marchet. Le tout paru sous forme de livre/disque en mars dernier aux Editions Verticales/Gallimard. C’est enfin un spectacle joué et interprété par les deux « frères », accompagnés de Valérie Leulliot (Autour de Lucie) et Nicolas Martel (Las Ondas Marteles). À la croisée du conte social et de la comédie musicale, c’est un concert, tout simplement, qui a pour décor le monde du travail. DRH, directeur marketing, cadre, ouvrier, chacun prend la parole et raconte la vie de l’entreprise moderne. Ils cherchent tous à survivre dans une jungle… qui vous rappellera sans doute quelque chose…

Frère Animal, un récit cohérent, un roman-livre qui se lit et s’écoute, et vice, et versa. Frère Animal, un autre conte sensé et pas si fantasmé que ça, une autre histoire acide, une ambition démente et une réussite grandiose – musicale comme lyrique."
Thomas Burgel, Les Inrockuptibles


http://www.myspace.com/frereanimal







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Vendredi 8 mai 2009 5 08 05 2009 16:39


En me retournant après avoir bouclé la porte d’entrée, j’eus l’impression d’être dans un tombeau : cette odeur de renfermé, ce manque de lumière, ce décor pesant. Tout était lourd. J’avais besoin de vide. J’avais traversé le couloir sans m’en rendre compte, comme un automate. Ma mère me regardait. J’eus un bref instant la sensation qu’elle me contemplait. Demeurerais-je toute ma vie ce petit garçon en quête d’amour maternel ? Il suffisait qu’elle m’aime un peu pour que j’en sois tout chamboulé. Pour que je lui pardonne.
- Lothaire, elles sont magnifiques. Que me vaut cet honneur ?
- Y a t’il besoin d’occasion pour offrir des fleurs ? Je vais chercher un vase.
Il fallait vite que je lui échappe. Bêtement je sentais mon coeur se serrer et mes yeux se brouiller.
- Prends le vert dans le vaisselier de la salle à manger.
En arrivant dans cette pièce, je tirai les voilages et ouvris les fenêtres en grand. Il fallait qu’on respire ici.
- Eh bien Lothaire, on dirait que tu as eu une bonne journée ?
Son oeil frisait.
- Tu as fait des affaires ?
- J’ai bien travaillé, oui. Si on allait au restaurant demain ?
- Lothaire, tu sais bien que c’est difficile pour moi. J’aimerais te faire plaisir mais ce ne sera pas possible. Si tu veux, on ouvrira une bonne bouteille. Tu iras la choisir à la cave.
J’étais emmuré vivant.
Comme chaque soir, nous nous retrouvions face à face pour le dîner. Dans cette salle à manger immuable. J'avais l'impression que ma vie tournait en boucle.
Je n’attendis pas le lendemain pour choisir le vin.
- Mais enfin qu’est ce qui t’arrive Lothaire ? Vas-tu m’expliquer ?
- Mais rien mère. J’ai simplement envie de vivre.
- De vivre…Répéta t’elle d’un air songeur. Elle semblait inquiète tout à coup.
- Allez trinquons à ce bon week-end qui se prépare.
J’avais senti son sourire se crisper. Pour elle s’était trop tard, elle ne pouvait plus sortir de son trou noir mais moi je pouvais encore peut-être y arriver.
- J’ai pensé que l’on pourrait refaire la décoration de l’appartement.
- Mais Lothaire, nous ne sommes pas au printemps.
- Pourquoi, il y a une saison pour ça ?
- Au printemps il fait meilleur, il fait plus clair, c’est beaucoup mieux pour les travaux. On va rentrer dans l’hiver, voyons.
Elle agitait ses mains et s'en prenait compulsivement aux couverts. Cette idée la perturbait.
- Alors je peux commencer par le grand bureau, personne ne l’utilise. J’ai envie d’en faire ma chambre.
- Mais il n’y a pas de salle de bain attenante.
- On en installera une.
- Pitié Lothaire arrête, tu m’épuises. Tu veux me tuer ou quoi ? Tu te rends compte des travaux que cela implique. Installer une salle de bain !
Elle levait les yeux au ciel.
- Arrête de boire autant. Mais qu’est ce qui t’arrive, tu vas me le dire à la fin.
Elle s’énervait. Peut-être avait-elle peur que je ne lui échappe ?
- J’en ai assez de vivre comme un vieux dans ce musée. Vous aussi vous avez l’air d’une vieille femme. Il faut dépoussiérer tout ça, sinon on va en crever.
Je n’avais jamais parlé comme ça à ma mère. Etait-ce l’alcool ou l’instinct de survie ? Elle me regardait avec stupeur. Puis elle fronça les sourcils en baissant la tête.
- C’est un peu tard pour faire ta crise d’adolescence.
C'était tout elle ça : désespérante et cinglante. Malgré son regard noir je me resservis un verre, je ne pouvais pas capituler sur tout. Je restai silencieux le reste du repas, en représailles. Après avoir rangé la table, je partis dans ma chambre.
Cette pièce aussi était hideuse : des meubles sombres, une tapisserie à rayures verticales, des tableaux insipides, et surtout des doubles rideaux tellement épais qu’ils semblaient cartonnés. Je m’allongeai sur le lit sans me déshabiller, les yeux fixés au plafond. Le blanc était si reposant.



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Jeudi 9 avril 2009 4 09 04 2009 09:30

La galère d'une petite assistance chef de pub en agence (rubrique la galérienne).




Ce matin, il y a réunion exceptionnelle. L’ordre du jour n’a pas été précisé et dans ces cas-là, on peut s’attendre au pire. Vanderbreloque a fermé la porte de son bureau et ne veut pas être dérangé. C’est suffisamment rare pour donner l’alerte. Un à un, mes collègues, sous des prétextes bidons, défilent devant mon bureau : il est juste en face de celui de Vanderbreloque. En passant, ils jettent des coups d’œil furtifs à la porte close afin de vérifier la rumeur. Vanderbreloque nous prépare un sale coup, c’est sûr.
- Il ne t’a rien dit qui pourrait nous mettre sur la voie ?
On me soumet à la question comme si je pouvais être complice de mon bourreau !
- Je vous assure : il ne m’a pas adressé un mot. Il ne m’a même pas hurlé de lui apporter son café.
- Tu crois qu’il est viré ? suggère Serge.
- Viré ? Pourquoi tu dis ça ?
- Il est tellement naze qu’il serait logique que ça arrive un jour. C’est même étonnant qu’il soit encore Directeur.
Serge s’en va le « Régionaire » sous le bras.
- Eh Sabrina, tu sais que Vanderbreloque est viré ?
- Arrête, tu déconnes ?
- Non, c’est Serge qui me l’a dit.
- Alors si c’est vrai Dodue, ce soir, on fête ça !
- En fait ça me fait quelque chose de me dire que je ne l’aurai plus en face de moi. Que je n’aurai plus à me bagarrer avec lui. Je crois qu’il va me manquer…
- T’es malade ou quoi ? Ce type est un sale con alcoolique, et nul en plus.
- Justement, il ne retrouvera peut-être plus de travail, à son âge. Sa femme va le larguer et il va finir SDF.
- C’est ça, bin t’auras qu’à l’héberger chez toi ! Non mais t’es pas clair ou quoi. Secoue-toi et rappelle-toi tout ce qu’il nous a déjà fait endurer. Tu ne te souviens pas de nos plans pour le droguer afin qu’il nous laisse enfin bosser ?
- J’en ai des remords maintenant.
Sabrina avait beau s’énerver, me remémorer à quel point il était odieux, tout cela faisait désormais partie du passé et je n’arrivais pas à me débarrasser de ce sentiment de pitié qui m’avait envahi. Curieux. Je traînai les pieds jusqu’à mon bureau et allai me changer les idées sur le net. L’agence ne serait plus jamais comme avant.
Enfin l’heure de la réunion arriva. Il sortit du bureau avec une grosse pochette jaune.
- Dodue, en réunion.
Même ses aboiements étaient devenus doux à mes oreilles. Même son style improbable et ses cheveux gras allaient manquer au décor.
Nous étions tous là, comme une grande famille, réunis autour de la table de réunion. Chaque tête avait échafaudé sa propre hypothèse : les uns croyaient voir leur dernière heure à l’agence sonner, les autres espéraient que Vanderbreloque nous quitterait, d’autres encore imaginaient que l’agence avait perdu son plus important client.
Vanderbreloque, avec son goût immodéré pour la tragédie, se lance dans une longue tirade :
- Comme vous le savez tous, c’est la crise. (ça commence mal) Jusqu’à présent notre agence, comme une petite île dans la tourmente, avait su garder la tête hors de l’eau (ça a une tête, une île ?), mais aujourd’hui nous sommes submergés. Nous sommes sous la mer et même dans la merde (ah, il a pas pu s’en empêcher). Les caisses de la boite sont vides. Grâce à Big Boss, je vais pouvoir vous payer encore ce mois-ci.
On sent une colère sourde monter dans les rangs : bin, il manquerait plus que ça qu’on nous paie pas ! Il ouvre sa pochette jaune et en sort des enveloppes sur lesquelles est noté le nom de chacun. Nos paies en liquide ! Tout le monde se regarde : qu’est ce que c’est que ce binz ? Personne n’ose recompter mais il est sur que c’est ce que chacun fera une fois de retour à son bureau. Vanderbreloque reprend la parole :
- Ça va être dur, et c’est pour cela que nous allons essayer de trouver tous ensemble une solution. Il n’y a pas trente-six façons de s’en sortir.
Il saisit un feutre et se tourne vers le tableau blanc.
- un : nous appliquons à tout le monde une baisse de salaires. Deux : on vire une ou deux personnes et trois : les cadres de l’agence achètent des parts.
Serge est blanc de colère.
- Il nous faut les comptes de l’agence. Nous n’avons perdu aucun client alors comment cela se fait-il que tout à coup nous n’avons plus d’argent ?
- Tu sais comme moi que la comptabilité est impitoyable : il y a chiffre d’affaires et résultat. Et je crois que vous ne vous êtes pas assez inquiétés de ce que vous faisiez réellement gagner à l’agence.
- C’est de notre faute en quelque sorte !
Deux gladiateurs allaient s’affronter dans l’arène.
Contrairement à ce que pense Serge, Vanderbreloque n’est pas naze. Il est maître en roublardise. A cet instant, nous avons tous compris que l'on appliquerait la solution deux : Serge se ferait virer.
Et l’agence resterait l’agence.



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Vendredi 3 avril 2009 5 03 04 2009 18:40


De peur de se faire huer ou insulter notre président exige comme seul public des membres de l'UMP.

C'est ce qui s'est passé à Strasbourg.
Comment 500 personnes ont pu accueillir les couples Obama et Sarko alors que tout le périmètre était bouclé depuis la veille et que les résidents n'avaient même pas accès ?
C'est bien simple, il s'agissait de militants UMP.

A quoi ressemble notre démocratie ?
On trie le public pour faire bonne figure devant les médias.


Mais où va t'on ?


Extrait DNA - voir le site Otan-anti Otan

500 militants UMP invités à voir Obama et Sarkozy ce matin au RohanPar  Philippe Dossmann (17h50) DNA


Dans le périmètre ultra-sécurisé de la place du Château, quelques centaines de militants UMP 67 triés sur le volet, ont pu rencontrer hier matin brièvement les deux chefs d’Etats et leur épouse, devant la porte du palais Rohan. Les résidents, en revanche, n’y ont pas été invité et ne pouvaient accéder à la zone rouge du secteur Rohan.

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Le bain de foule de Barack Obama. (Photo AFP)


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