Vendredi 7 mars 2008

Joute poétique japonaise.

Le principe de ce jeu consiste à organiser une sorte de relais entre les participants : le premier démarre le poème, puis le passe au suivant et ainsi de suite. Chaque feuille tourne auprès de tous les joueurs pour qu’à la fin du jeu, on obtienne autant de poèmes que de participants.

Evidemment comme c’est japonais, il y a une multitudes de règles complexes et contraignantes telles que de décrire des images liées aux saisons ainsi que des recommandations sur la couleur de ces images elles-mêmes (opposition blanc et noir par exemple).

Il faut également donner un titre et signer le poème d’un pseudo.

Celui qui se trompe doit se faire hara-kiri ou s’affliger d’autres réjouissances de ce style (ça c’est dans le règlement officieux du jeu !). Japonaiserie oblige.

On peut aussi imaginer toutes les ruses, peaux de banane et allusions à transmettre à ses successeurs (à pratiquer notamment en fin de soirée entre amis).

Exercice testé en atelier d'écriture, succès garanti.


La poésie japonaise, comme sa littérature d’ailleurs est très particulière, quelques exemples de Haiku (petits poèmes). La puissance dans la concision.


Qui se soucie de regarder
La fleur de la carotte sauvage
Au temps des cerisiers?
Sodo

Que n'ai-je un pinceau
Qui puisse peindre les fleurs du prunier
Avec leur parfum!
Shoha

Sur la cloche du temple
S'est posé un papillon
Qui dort tranquille.
Buson



Pour d'autres Haiku ou pour ceux qui s'intéressent au Japon voir le site :www.nihon-zen.ch/vie_haiku.htm
publié dans : à propos de Dodue communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Jeudi 6 mars 2008

L’orthodontie ce n’est pas que pour les enfants !


Ça y est, j’ai toutes mes bagues ! L’orthodontiste, après ne m’avoir posé que le bas, vient de me poser également le haut. J’ai donc découvert le sourire que j’aurai pendant un an. Les bagues sont translucides et l’arc (le fil métallique qui court le long des bagues) est assez fin pour ne pas être trop visible. Ce qui se voit le plus ce sont les minuscules élastiques qui relient chaque bague à l’arc, ils ont tendance à jaunir. Mon orthodontiste me les changera à chaque visite.

Évidemment c’est un peu douloureux. Tout d’abord ça commence par un mal de tête en sortant de la consultation. Ce n’est pas violent mais c’est comme une sorte d’étau qui enserre doucement le crâne. Puis il y a les mâchoires ankylosées : on a du mal à ouvrir la bouche en grand …et surtout à mâcher ! Fini les sandwichs, bonjour la soupe-compote. Autre habitude à prendre : la brosse à dents dans le sac. C’est une vraie préoccupation pour moi, pire que « est-ce que j’ai de la salade entre les dents ? », là on sait qu’irrémédiablement on aura tout un garde-manger dans le râtelier. Alors on évite de sourire et l’on va se laver soigneusement les dents après chaque repas. J’ai aussi ma petite valisette miniature en plastique vert pomme dans laquelle sont rangées des petites barrettes de cire. À quoi ça sert ? Au départ les bagues peuvent irriter voir blesser l’intérieur de la joue. Pour éviter ça on enfonce un petit morceau de cire sur la bague qui nous gène et alors on n’est plus en contact avec le métal. C’est super bien étudié.

Ce qui est impressionnant (et même inquiétant), c’est que les dents ça bouge très vite. En une semaine, mes dents du bas qui étaient un peu décalées les unes par rapport aux autres forment un arc de cercle parfait. Je n’en reviens pas. Mais alors pourquoi mon  traitement  durera aussi longtemps? «Le travail du haut sera plus compliqué. Ensuite il faudra ajuster les deux mâchoires puis stabiliser. » Bon, je n’ai pas une dentition hors norme, je ne pourrai pas grappiller quelques mois !

Et les réactions de mon entourage ? C’est drôle comme les gens sont discrets. Personne n’ose me poser de questions. Certains ne le remarquent pas. Mais d’autres, je vois à leur arrêt sur image d’une fraction de seconde qu’ils ont repéré l’intrus. Pourtant ils ne me disent rien. Aucune réaction spontanée du style « ah vous portez un appareil et alors c’est comment ? ». C’est étrange. Est-ce qu’ils pensent que j’ai honte et que cela me gênerait d’en parler ou est-ce que cela ne les intéresse pas ? C’est vrai que je suis un peu mal à l’aise. J’appréhende surtout le premier regard et le pire c’est d’affronter un groupe de premiers regards. Prochainement je vais aller à une fête, j’y pense déjà. C’est clair qu’avec cet appareil, je ne me sens pas au top de mon sex-appeal !
publié dans : sourire d'enfer communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Mardi 4 mars 2008
« Mais qu’est-ce que tu fais ? Quoi, tu viens de te lever ! J'te rappelle qu’on doit présenter les maquettes de Monsieur Leclientleplusimportantdelaboite à Vanderbreloque*.  Tu devais encore faire des modifs ! On va jamais y arriver. Je te conseille d’être quand même là avant lui. »
Je raccroche énervée. C’est pas vrai, on va se prendre un savon. Les maquettes du dépliant des promotions de Pâques ne sont pas finalisées et on a rendez-vous dans vingt minutes avec Vanderbreloque. Non seulement c’est pas simple d’être l’assistante d’un dingue comme ce type mais si en plus la graphiste qui bosse sur le budget n’assure pas !

Je me suis rongée tous les ongles d’une main quand Katia arrive enfin. En tant qu’assistantes, nous devons être à l’agence à neuf heures, quelle que soit l’heure à laquelle on ait pu finir la veille. Ceux qui ont une certaine autorité, c’est à dire les Chefs de Publicité, certains anciens ou le Directeur Artistique, arrivent vers dix heures. Le Grand Chef, Vanderbreloque, vient quand il veut. Personnellement cela ne me dérange pas d’arriver dans les premiers. Le matin, le bureau est calme. J’ai mon petit rituel : je me sers un café (Sabrina arrive encore plus tôt et l’a déjà fait couler) et j’allume mon ordinateur. Ensuite je consulte mes mails et je fais un tour sur mes blogs préférés où je laisse des petits coucous. Bref je commence tranquillement. A partir de dix heures, j’ai Vanderbreloque sur le dos et là je dois être vigilante. Et puis, plus la journée avance et plus le temps passe vite. Le matin, on a l’impression d’avoir l’éternité devant soit.

Katia est posée devant moi, pas maquillée, des épis pleins la tête et une large marque d’oreiller sur la joue.
«T’as fait la fête ?»
Elle me fait signe de me taire en jetant des coups d’œil inquiets autour d’elle. Nous sommes en train de regarder les sorties couleurs quand Vanderbreloque arrive. Il lance un regard sévère à Katia. Il a dû remarquer qu’elle sortait du lit. Il passe d’une feuille à l’autre (il a horreur de regarder les maquettes sur écran). Je n’ai pas besoin de le voir pour sentir qu’il n’est pas vraiment satisfait. Le silence devient pesant. Il n’annonce rien de bon. N’en pouvant plus, j’ouvre la bouche pour commencer à présenter (justifier ?) ce pauvre travail et essayer de lui donner une chance de passer le second tour. Je n’ai pas le temps de parler qu’il pousse un puissant : « qu’est-ce que c’est que ces merdes ? ». C’est bien ce que je craignais. Il a quand même remarqué que c’était pas fini. Katia bredouille quelque chose mais c’est totalement inaudible. Moi je garde les yeux fixés sur les feuilles et j’attends. Tant que l’on ne me demande rien, je préfère me faire oublier.

« Bruno !»
Vanderbreloque interpelle le D.A. qui est censé chapeauter toute la créa de la boite.
«Tu peux m’expliquer ?»
Il lui tend les feuilles qu’il froisse de colère. Bruno essaie de prendre un air détaché et s’apprête à disserter sur la question. Il aime bien disserter. Mais ce n’est pas la tasse de thé de Vanderbreloque la petite causerie philosophique. Il s’énerve. Cette fois-ci Bruno vient de comprendre. Il se tourne vers Katia :
«Mais enfin Katia, qu’est ce que t’as foutu. C’est à chier. Attends c’est quoi ces encadrés ? Et ces dégradés ? Attends ça craint les dégradés. OK c’est Pâques mais c’est pas une raison pour faire dans la guimauve»
Moi je regarde toujours la table même si il n’y a plus rien à y voir. C’est pour cette raison que je ne lis pas la haine dans les yeux de Katia. En s’adressant à Vanderbreloque, Bruno ajoute :
«Je vais tout reprendre parce que là elle est complètement à côté de la plaque. Je m’en occupe et je te présente autre chose dans une heure. Ça ira ?»
«Espèce de salaud !» hurle Katia. Tous les visages du studio sortent de leur écran et la regardent avec stupéfaction. Elle est rouge écarlate et on dirait que ses yeux vont lui sortir du crâne. Sans s’émouvoir le moins du monde, Vanderbreloque me dit «viens, on va se boire un café dans mon bureau». Ce qui veut dire «tu m’apportes un café». Tiens, il ne s’en est pas pris à moi ? Je le rejoins.
«Qu’est ce qui se passe entre Katia et Bruno ?»
J’ouvre de grands yeux.
«Mais je n’en sais rien»
«Ils couchent ensemble ?»
Je me demande d’où il sort cette conclusion.
«Franchement je ne suis au courant de rien»
«Tâche de te renseigner car je n’aime pas ça. Tu fais du bon boulot et je n’ai pas envie que tout soit gâché par cette conne»

Je ne vais certainement pas devenir l’indic de Vanderbreloque même si il me caresse dans le sens du poil !


*le directeur de l’agence de pub pour laquelle je travaille – pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes de « la galérienne » - à lire absolument d'ailleurs !
publié dans : la galérienne communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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